Répertoire toponymique

Répertoire toponymique

                                                       

                                                      LE REPERTOIRE TOPONYMIQUE

                                                                       Plus de 600 entrées principales sont ici présentées.

 

     Ce répertoire est mis à la disposition des Signois-e-s, et s’adresse également à toute personne intéressée par la toponymie provençale.

   Le but de ce site inter-actif est de rechercher une participation aussi large que possible. Les gens du pays possèdent une connaissance de leur commune, un patrimoine culturel à transmettre aux nouvelles générations. Dans cet esprit, la mise à jour des toponymes présentés est un acte porteur de valeurs communes.

    Si vous souhaitez en préciser le sens, la localisation, ajouter un ou plusieurs toponymes que vous connaissez et qui ne figurent pas sur les cartes IGN, il suffit de proposer votre interprétation. Nous pourrons ainsi compléter ou rectifier les toponymes proposés.

   Cet échange permettra d’avancer dans la recherche des lieux-dits signois et de parvenir à une représentation plus approfondie des toponymes de notre commune.


   A vous de dire ce que vous en pensez, de faire vôtre ce site et ce répertoire qui ne demandent qu’à s’enrichir.

                 


             •Avertissement

- Les dates relevées dans les documents anciens, les cartes et cadastres font état des indications les plus anciennes que nous avons trouvées. On notera donc, dans l’ordre, la date la plus ancienne et, à défaut, celle qui figure dans les documents cartographiques les plus récents. Néanmoins, toute référence écrite considérée comme la plus ancienne ne dispense pas de rechercher une date antérieure qui permettrait d’enrichir le toponyme le plus ancien connu.

- Nous avons signalé des lieux-dits situés sur les communes limitrophes qui nous paraissent être indissociables de la mise en valeur du corpus toponymique signois. D’autre part, en écho au répertoire des lieux-dits, il nous a paru intéressant de faire référence à certains lieux géographiques.

- Parmi un nombre important de termes génériques très répandus sur la commune (aven, bau, bastide, citerne, clapier, clos, colle, cros, espilladou, essariade, jas, lecque, luegue, puits, samble…), nous avons cité les lieux-dits spécifiques qui nous paraissent les plus remarquables. Leur rétablissement dans la Langue d’Oc, quand cela s‘imposait, nous a paru nécessaire pour mieux retrouver étymologies et sens trop souvent écartés ou transgressés.


                                                  Sigles , symboles.

*           cf. lexique.-

>            évolution historique.

Rigolant          microtoponyme.

b-lat,       bas-latin-

celt.,       celtique-

cat.        catalan-

dim.,       diminutif-

got.,        gots-

gr.          grec-

IdV,         Indicateur du var-

lat.          latin-

l-d,          lieu-dit-

lig.          ligure-

Loz.         Lozère

mod.       moderne-

oc,        occitan-provençal-

phon.     phonétique-

p-i-e.,    pré-indo-européen -

prov. mar,    provençal maritime-

rhod.,     rhodanien-

rom,      roman-

syn ,      synonyme-

v.          verbe-

varia.,    variante-

 AM,       Alpes maritimes-

B-d-R,     Bouches du Rhône-

DR,         Drôme-

Her.        Hérault-

Var,        Var-

Vau, Vaucluse

 

                                  * Abréviations des noms d’auteurs


AJ, Astor Jacques
FB-JJ, Fénié Bénédicte, Jean-Jacques
BC-FP, Baylon Christian, Fabre Paul
DA, Dauzat Albert
FP, Fabre Paul
GE, Garcin. E
MF-TdF, Mistral Fédéric - Trésor du Félibrige
NA, Nouvel Alain
RCh, Rostaing Charles
RH, Ribot Henri,
SV, Saglietto Victor

 

 

 

 A                                                                               

 

 

Abîme de Maramoye/Maramouyé (l’). (-144m). Aven et intersection de voies ; commune du Beausset : tectorum/furquetum de las Monnaies, 1252 ; Regage de Malemourier, 1778, Abyme de Maramoye, 1864. Rac.pré-indo-européenne aB-, Abis, abisme, abîme. Mau/mal/mar, préfixe : mal, mauvais, précéde le substantif oc. morier, amorier, amourier : mûrier. Une autre hypothèse renvoie a mala molher, mauvaise épouse, interprétation que nous indiquons sous toute réserve.

Abîme des Morts (l’). Aven, entre Cuillerets et Lébrière. Ragage des Hommes (1871), Ragage des Morts (début XXe siècle).

Abri des Maïgres (l’). Abri sous roche, aménagé sommairement, citerne. Plateau d’Agnis, au Sud du Jas du Mûrier. Oc. magre, maigre, aride, sec. Peut s’appliquer aux lieux dont le rendement est faible, au faible rapport ou renvoyer à un patronyme, à un sobriquet (Mistral F, Dauzat A). SourireBaïsse des Maïgres (La) - Baïssa dei Magres (la), ou encore Les Maïgres : oc. baissa, fond de vallon. (cf. Les Maïgres).

Adrechs (les), Adrets (les). Sortie Nord-Est du village. Bas Adrechs (les), Versants sud, exposés au soleil. (latin ad directum). La graphie occitane d'origine est conservée (adrech). Les consonnes finales sont devenues atones en provençal. C'est pourquoi, sous l'influence du français, on trouvera une graphie phonétique (Adré) dans les cartes les plus récentes. (De même, on trouvera la même transcription du Cap Sessiech en Cap Cicié ou Sicié (La Seyne-Six Fours).

Adrech des Fontêtes (l’). En aval des sources du Latay. Oc. fons- dim. fontetas/founteto, les petites sources. Cf. villa altaiara au Xe siècle et Taillanette au XXe siècle.

Agast (l’). (Cf. Colle de Fède et Colle de l’Agast, chap.IV.2). Au Nord de Siou Blanc. Il s’agit de sols collinaires pauvres (cf. Terres gastes, oc.> Tèrras gastas, La Seyne). D’orthographe variable, La Gast est une notation phonétique agglutinante*. L’article témoigne d’une désignation récente. Ce phénomène est courant et se retrouve dans d’autres toponymes.
   Pour compliquer ce toponyme, le substantif Agast désigne un érable de Montpellier, arbre que nous retrouvons dans le bassin versant, à l’adrech de la Sainte-Baume et notamment sur le territoire de Chibron. (cf. Ch. V.2).

Agnis. Plateau et toponyme central de la commune qui longe celle-ci d‘Ouest en Est. Ce vaste massif karstique renferme une importante réserve aquifère qui alimente notamment les sources de Chateauvieux, du Gapeau et de Beaupré. Par ailleurs, cette immense réserve d'eau sert également à l'alimentation de la plupart des sources des communes de Mazaugues, La Roquebrussanne et Méounes. Il s'agit de la deuxième réserve aquifère en importance du département après celle du plateau de Canjuers.

Agnis, anthroponyme, prénom ayant plusieurs origines : -Annius, patronyme latin.

Agnès, (période médiévale), du nom de Sainte Agnès martyrisée sous Doclétien ; mais aussi Agnés, épouse de R. de Mazaugues (XIIIe siècle). Noté Anis au XVIIIe siècle (R. Boyer, 1980).

Agnis, Petit Agnis (le), Plateau d’Agnis (le), Mourre d'Agnis (le). Plateau dans le prolongement du massif de la Sainte-Baume. Mourré, racine pré-indo-européenne –M--R, MoR, MuR ; lat. murrex, oc. morre, pointe de rocher. Télégraphe de Chappe (917,7m) qui permettait la transmission de signaux par une combinaison de bras mobiles. Vallon d’Agnis, ou Vallon de Ponchin, Verrerie d’Agnis (cf. Verrerie). Cf. Cros Negadis.

Aguillon. Patronyme signois que l’on retrouve dans l’Indicateur du Var, 1898. Cf. La Glacière, Glacière d’Aguillon.

. Cf. Pas de l’Aï.

Aire Bataillière. Cf. Bataillière.

Aire des Masques. A proximité du village, à l‘Ouest de la place des Chaudronniers. Oc. masca, sorcière. Le Pas de la Masque est attesté sur la commune d’Evenos. Si la Fada, la Fée, n’apparaît pas dans les toponymes signois, on retrouve l’empreinte des religions préchrétiennes avec le Trou des Fées (Evenos) et la Semble de la Fée (Solliès-Toucas).

Alauzière (1778). Au Nord de la commune. Rac. p-i-e aL-, aL-T, alt, alta, hauteur. villa altaiara, Xe siècle (cf. la Lauzière). On retrouve ici l’alternance de la notation La Lauzière/Alauzière. Cette racine p-i-e. ne se retrouve pas seulement en Provence (cf. Col Dalt- d’Alt, Catalogne Nord, commune de Prats de Mollo). Suf. lat. aria, arium.

Ameron. Cf. Colla, plana d’Ameron.

Amolna. 984. Rac. p-i-e. M—L, hauteur. Cf. Molne, Maulne. Méounes a la même étymologie. (cf. Les Maulnes). Variation du toponyme Amolna/Molna. L’absence d’article (la, l’) indique l’ancienneté du toponyme.

Anges (Notre- Dame des). Ou Croix de Taillane. Col entre Château Vieux et Taillane (cf. Taillane). Un exemple de christianisation des lieux dont les racines sont pré-indo-européennes ou, ici, soumises à l’influence médiévale. De nombreux exemples nous montrent que le terme d’Ange a pour origine la plus proche une appropriation chrétienne du sens occitan d’angoisssa, angoisse (lat. angor, oppression ; bas-lat. angustiare, éprouver de l’angoisse. Ici défilé, le sens renvoie à un passage dangereux. Il en va ainsi de Notre-Dame des Anges, en limite de la commune de Collobrières, comme du Col de l’Ange de Cuges qui sont des lieux élevés, étroits et qui sont restés longtemps des lieux peu sûrs. Il en est de même pour les dérivés d’Ange : le Regage d’Angely (commune de Riboux, 1864) et peut-être l’Angélique (RH) à Signes. Cette ancienne notation (1864) d’un quartier de la commune n’est plus actuellement référencée.

Anis. Anthroponyme, Agnès (cf. -Agnis).

Apiés. Oc. Du lat. apis, abeille. Ce sont des niches dans des murs qui furent utilisées comme ruches. On en trouve de nombreux sur la commune de Cuges et curieusement peu à Signes. Plus d’infos sur www.apié

Araby. 1871. Cf. Raby, torrent ; du lat. rapidus, eau rapide (SV, RH). Plus vraissemblablement de l'oc. ràbia, la rage: allusion aux crues brutales de ce torrent soumis à un régime méditerranéen. Notation phonétique fantaisiste et fausse par contamination (arabi, arabe) de Raby.

Armaris (les). A proximité de Colle Vieille. Ecrit en occitan au XVe siècle, leis Armaris. Grottes, anfractuosités, escarpements en terrasses, recouverts de végétation. Oc. armari, armoire.

Arnaud (cf. Moulin d’ Arnaud).

Auriol. Cf. Clapier d’Auriol. (du lat. Alcius).

Aven. Terme générique pour désigner une excavation importante, un abîme. Racine p-i-e. aB-, hauteur> oc. avenc, gouffre, abîme, aven. Le territoire signois est riche de centaines d’avens, notamment dans le domaine de Siou Blanc* (cf. Siou Blanc ou Siou Blan selon les cartes et chapitre 2). Ce toponyme prolifique, aven, d’origine pré-indo-européenne est souvent doublé du nom provençal : ragage (regatge), garagai (garagalh), gouargue (gòrga), gorg, tomple, abis (gouffre, trou d’eau, fondrière). Egalement noté Avena, Avene. Avena, rac. p-i-e. aB- (cf. Aven). La proximité de l’oronymie et de l’hydronymie se complètent : oc. avena, source (TdF). Oc. v. avenar : sourdre, alimenter une source.


   Citons quelques avens parmi les plus représentatifs de la toponymie signoise. Pour une connaissance plus approfondie du Var : www.odspeleo83.fr

Aven Claustre, au Nord-Est de Turben (-112m). Jean-Pierre Claustre, spéléologue, explora de nombreux sites de notre région.

Aven Cyclopibus (Cyclope), (-375m), secteur de Roucas Traouca (Rocàs Traucat). C’est le plus profond connu sur le territoire signois et sur Siou Blanc. Cet aven a été découvert et inventé par François Favard, de La Cadière, ouvert "à la main" dans le cadre de ses investigations avec son club de spéléologie.

Aven Provençal. Dénomination contemporaine. A l’Est de Siou Blanc.

Aven de l’Etrier (Grand). (-152m) Dénomination contemporaine. Au Sud de l’aven des Trois Marins.

Aven de Matheron. Entre les Jounces et Siou Blanc. (cf. Matheron, Materon).

Aven de la Solitude (-200m). A l’écart de la route de Solliès-Toucas à Signes, à deux kilomètres de la bergerie de Siou Blanc. J-P Claustre décède accidentellement (27/07/1959) en découvrant la deuxième partie de l’Aven.

Aven des Trois Marins. Entre aven Claustre et Retenaou. Base p-i-e. -MaR, hauteur. Ou oc. amarina, osier, saule. Maren, Marin, noms de famille provençale.

Aven du Jas de Laure (Grand). (-157m). Cf. Jas de Laure, ragage, brugedor.

Aven du Palan, (-107m). A l’Ouest des Jounces. Abîme au pied d’un escarpement. (racine pré-indo-européenne -Pal, hauteur + aven, creux). De nombreux avens sont répertoriés dans ce territoire, notamment à l’extrémité Sud de Siou Blanc : avens de la Brêche, aven Bernard, aven Claude, aven Provençal…

Aven du Vieux Mounoï. A proximité du charnier de Signes (cf. Mounoï).

 

 B                                                                                  

 

Baïsse de la Commune (la). Au Sud, à proximité de la ferme de Limate. Oc. baissa, plaine, bas-fond; et Tête de la Commune, 800m (cf. ce toponyme) ;

Balma. Rac. p-i-e. B--L. Thème BaL-M. Baume. Falaise, escarpement rocheux. Grotte, habitat sous roche. Racine alternant avec une racine p-i-e. proche PAL-/BAL : Col de Pal (A-Mar.), le Beausset, Var (Balset, XIe siècle).

Balma contentiosa. 1182, en limite d’Evenos. (Boyer R. 1980, cité par HR).

Balma pencha. 1253, en limite de Méounes. (pencha, bas latin> oc. penda, penta, penjada, penchée, pente).

Balses (les). Baous (les). Au Nord de la Ferme d’Agnis. Les Balses ont conservé l’orthographe occitane d’origine. Rac. p-i-e. B-L, base BaL-, hauteur rocheuse.

Bancs (les). als morres dels bancs (1223). Bastide Les Bancs, commune de Méounes. Ferme et petite plaine. Racine pré-indo-européenne –B--N, hauteur. Restanques, retenues de terres par murs en pierres sèches. Synonymes de bancau en provençal, bancèl en languedocien.

Barrairencs (cf. Signes). Guigonetus et Hugo de Signa et Barreiria, 1226 ; Barreiria, dans ce contexte de la citation, semble être un patronyme. Castrum dels Barrairencs, 1241. Le suffixe inc-o serait ligure.

Barralière (la). Notée Barillière ou Barelière par les Signois. Au Sud du Jas de Marquand. Suf. lat. arium, aria. Bastide de la Barillière (la), l-d encaissé. . Racine B-R. Hauteur ; oc. barral, barraliera. Barral, patronyme.

Barre de l’Eouré (la). Hauteur, au Nord-Est du Jas de Laure. Oc. eure, lierre. Mais A. Nouvel voit dans Eure une racine hydronymique p-i-e., dérivée de Ur- (eau) ; il rapproche ce substantif de nombreux toponymes dont la Fontaine d’Eurre (Uzès, Gard). Au pied de la Barre de l’Eouré se trouve une réserve d’eau.

Barre de Malet (la). Signal-Barre de Malet. Secteur de la Lauzière, au Nord-Est de Chibron. Malet pourrait être un patronyme. Le contexte oronymique (barre) semble être renforcé par la racine p-i-e. MaL-, rocher, montagne- qui se téléscope avec mal, mauvais (AJ.).

Bastian, patronyme provençal (hypocoristique de Sebastian). Au Sud de Roumanil. Cf. Collet de Bastian, au Sud de Roumanil.

Bastide. Oc v. bastir, bâtir. Ferme, maison de campagne. Dans l’Ouest du Var, la référence faite aux bastides l’emporte sur celle faite aux mas. Le terme de mas se retrouve dans l’espace rhodanien et languedocien. Les Bastides sont aussi des habitats groupés en formation du XIIe au XIVe siècle en Languedoc et dans le Sud-Ouest occitan. Ce sont des « villes neuves« . Sur 14 départements d’Aquitaine et Midi-Pyrénées, on en dénombre 300 à 500.

Bastide Basse (la). Ferme située à l’Ouest de Signes, entre Chibron et la Lauzière, bas de pente. A proximité de Villa Altaiara, Xe siècle, dont les dérivés sont Allauzière, Lauzière.

Bastide Blanche (la). Appellation contemporaine. Ferme, au Nord de la source de Bourdon. Rive gauche du Gapeau.

Bastide Neuve. Ferme en bas de pente, à l’Est de Mau Segur. Dénommée La Boudigne (1778). Sobriquet possible que H. Ribot rapproche de Boudaï, Boudin, ou lieu où l’on tue le cochon. Dans le même ordre d’idée, Masseboeuf  est sans doute une transposition française de l’oc. maselier, personne travaillant dans un abattoir. Boudigne serait un nom d'origine germanique qui a donné de nombreux patronymes dans le domaine occitan : Boude(s), (vaboda – messager), devient Bondon (phonét. Boudou), Boudet, Bodin, Boudin.

Bastide la Daumasse. Ferme à l‘Ouest du Jas de Marquand.

Bastide la Guicharde. Plan à l’Est du Puits d’Envès. Ferme. Guichard. Nom de famille provençale ; patronyme d’origine germanique (rac.-wig, combat ; hard, dur, fort. Wichardus (Astor J.)

Bastide de Faverolle (la). Sur la RD2, en limite de la commune de Méounes. Oc. fava, fève. Double suf. –airòl, airòla. Ad locum qui appellatur Favairolas, 1224 (au lieu-dit Faverolle). Cf. Faverolle.

Bastide de l’Hubac (la). Au Sud de Beaupré. Ruines (cf. Hubac).

Bastides des Pierres (Cassini, 1778). Ruines à peine visibles au Nord de Collevieille.

Bataillère (la). Commune de Méounes, à l’Est de Faverolle. Area batallera, 1187 ; batalheriam, 1254. Aire où on bat le blé et foule le grain.

Bau, rac. B-L, Hauteur. Oc. bauç, baus. Dim. baucet.

Bau de Michau (le), Bauç de Michèu. Poste de chasse proche des Quatre chemins ; micro-toponyme. Oc. bauç, falaise, promontoire, escarpement. Michau, nom d'un chasseur signois qui se postait sur ce bauç (phonét. baou). Rac. p-i-e. -B-L, Hauteur, creux. oc. bauma.

Sourire Baou de Piade (lou) - Bauç de Piada (lo) : microtoponyme connu des locaux, à la sortie du village, en rive droite du ruisseau du Raby ; sous la barre rocheuse se trouve un oratoire. La tradition orale raconte que le prénommé « Piade a sauté à cet endroit avec deux canisses ». (Rapporté par Victor Giraud). Piade, sobriquet/nom. En provençal, la piada est une trace laissée après son passage par un animal ou un homme.

Bau de Serein. Oc. bauç. Hauteur (824m), sommet au Nord de la Marseillaise. Adj. oc. seren : serein, calme. (XVIIIe siècle). Patronyme : Seren, Ceren, Céré. Egalement expression provençale : « Es seren », au sens de « le ciel est clair ».

Bau Rouge (le). Oc. Bauç Roge. Formation dolomitique, à l’Est du Mourré d’Agnis, sur la Petite Colle. La couleur rouge tient à la nature en partie ferreuse de la roche.

Baumes (les). Coteau au Sud du Plan de Chibron. Racine pré-indo-européenne –B-L-, hauteur.

Baume (Sainte-Baume). Massif remarquable qui limite la commune au Nord ( Cf. chap.IV. 2).

Baume de Cuques ; Puits des Lentisques (période moderne) ; lat. Pistacia lentiscus > oc. lentiscle, pistachier lentisque; Puits de Cuques. A l’Ouest de la commune (cf. Cuques).

Beaumier. Au Sud de Chibron (Cassini, 1778). Même racine que Baume. S’accompagne souvent d’un anthroponyme. Baumier, nom de famille signoise. Le « e » de Beaumier et un parasite du français. Bel-Beau, distinct de l’oc. Balma-Bauma, rac. p-i-e. –BaL., hauteur.

Beaupré. Source captée, entreprise de mise en bouteilles. Anciennes usines, foulons (feutre, chapeaux), utilisant la force de l’eau acheminée par un canal de dérivation du Gapeau, captée en amont.

Beaussières (les). Lieux-dits dérivés de la racine prélatine B--L, BaL puis de l'oc. bauç : quartier de Signes en lisière de hauteurs. Noms antérieurs : Belserius, Belsier, orthographié Beaussier (fr. 16e). Nom de famille provençale. Belsier, à Méounes-les-Montrieux (12e siècle), (RH). Honoré Beaussier, signois, fut le chirurgien de Louis XIII.

Sourire Bel Air. Microtoponyme. A proximité des sources du Latay, vers Taillane. (Cabanon de Gantelme, nom de famille signoise).

Bel Incent. Cf. Cros de Bel Incent.

Bergerie de Chaurin. Cf. Chaurin. Lieu-dit exposé au Nord, proche de la carrière de Chibron. Si l’origine oc. peut être rapprochée du v. oc. chaurir, (flétrir sous la chaleur), il s’agit ici plutôt d’un patronyme. En cours d'aménagement d'un site solaire.

Bergerie de Ponchin. Chemin et Bergerie de Pounchin. De St-Pontius qui a donné Pons, Poncy, Ponchin. Patronyme.

Bigourets (les), Pigourets (les). Noté également Bigeourets, 1830. En limite de la commune d’Evenos. Un des sommets (573m) du massif de Siou Blanc. Racine -G-R, hauteur. Oc.> vigorós. Homme fort. A donné le nom de famille «Vigouroux». Le passage du v au b est un phonétisme courant en occitan, disparu en Provence maritime où le son v domine. S’y ajoute le diminutif et. Nom de famille. Il peut aussi s’agir d’un endroit où la végétation reprend avec modération mais de façon régulière.

Billonne (la). L-d, au sud de la plaine de Signes, ayant probablement appartenu à Jean Billon de Cancerille, personnalité signoise (1672-1752) : roturier, marchand, aventurier, ayant joué un rôle politique sous Louis XIV (cf. SV, La commune de Signes, pp 237-239). Nom d’origine lat. : billius, oc. bilhon, fr. billot. Mistral classe également ce patronyme comme un nom de famille provençale.

Bois Soleil. Dénomination récente. Bois et écarts de Signes, exposés au Sud, en face de la zone d’entreprises. Trois lotissements : Bois Soleil, Sainte Fleur et Puits d’Encastre.

Bouche Ointe. Commune de Méounes. A l‘Est des Jounces. Rac. B—K, oc. boca, bouc, bec. Bucca Unche, période médiévale.

Bourdon. Source entre celles du Gapeau et de Beaupré (la plus ancienne référence connue est de 1663). L’hypothèse retenue par Ch. Rostaing, en rapport avec le lieu, voit à l’origine la base p-i-e. BoR-, racine hydronymique, qui renvoie au sens de boue, lieux humides (cf. RH. p195).

Sourire Bourrillonne (la) près de Fonteroi/Fontauroi, font aurosus, (S.V). Au bout du chemin des Plâtrières. Sens indéterminé qui peut également être rapproché de la racine hydronymique p-i-e. –Bor-. Bourrillon, possible patronyme (étymologie à rapprocher de Borello, 1235, Ollioules : bourreau, bourrelier ? RH).

Braquetti (Le Vieux). Plaine entre la Daumasse et le Puits d’Envès. Patronyme. Altrebraquet, 1252. Cros de Braquetty, 1778. Surnom, petit homme, courtaud. Patronyme.

Briançon. Source, quartier du village. Patronyme. Nom d’un riverain à l’origine de la construction de la fontaine et du lavoir. Traverse Briançon. Noté également Briansson. Ce patronyme peut être issu d’une racine ligure.

 

 C                                                                                                                       

 

Cabanet, ette. Carte Cassini, 1778. Au Sud de la Marseillaise, Route de Méounes. Petit abri agricole, cabanon. Racine pré-indo-européenne et désignation reprise par le bas-latin capanna.> oc. cabana.

Cabane de Vincent (la). Microtoponyme connu des Signois, à proximité de Paneirolle.

Cabanon Crespin .Cabanon en limite de Riboux. Cf. Crespin.

Cadenières (les). Hautes Cadenières (les), au Nord-Ouest du village. Lieux plantés de cades, genévriers. Suf. lat. aria, arium. Chemin des Cadenières, Carraire des Cadenières, XVIIIe siècle, sortie Nord de Signes.

Callant du/de Barry (le). Pente en rive droite du Gapeau, en limite de Méounes. Racine pré-indo-européenne K-L-, base KaL, pierre, hauteur. (cf. Calanque, oc. calanca : hauteur, ravin). Calant de Barry, 1864. Barri, thème également pré-indo-européen, -Barr, rocher. Redondance de sens, ce qui n'exclut pas l'adoption de l'anthroponyme dérivé de Barriera (Barry, gardien, habitant du faubourg et lo barri). Le sens est double : fortifications et quartier. Il est fait ici référence à un anthroponyme, Pèire Barri, 1220 (Boyer R/RH).

Campaouva . En suivant le Latay, à proximité de Paneyrolles. Oc. camp pausat, v. pausar. Provençal maritime : passage du s au v. Ancien cimetière (orig. oc. : poser, reposer) ? « Station de Campauvas, ou Camp du repos » (vestiges de « poteries des premiers siècles », lieu-dit qui serait l’emplacement de la villa Altaiara « donnée par Guillaume 1er aux moines de Saint Victor en 984 ». (SV)

Cancerille(s). Commune de Signes, en limite de Méounes. Nom de fam. prov., sing ou pl. : Cancerille(s), noté Canceriho par Mistral, TF). Cassini note ce nom au singulier. Ancienne villa, fundus : domaine. Actuellement propriété viticole. L’hypothèse d’un nom de plante retenue par les propriétaires actuels n’est pas confirmée par les botanistes spécialisés dans la flore méridionale. Josiana Ubaud, spécialiste de la flore du domaine occitan, distingue deux variétés d’arbustes : Daphne mezereum (exposée sur le site internet du Château de Cancerille(s), dont la présentation iconographique est favorable) et Daphne gnidium, nom varois supposé de cet arbuste de la garrigue -dont le nom a été retenu- mais dont l’apparence n’est pas flatteuse.
- Nous retenons le sens le plus probable : oc. cancèl, avec alternance en provençal du l au r (r dental- cf. oc. v. solelhar/sorelhar). Avec l’idée de limite, borne, en bordure du Gapeau. In Cancerillis, 1178 ; in Cancerillas, 1219 ; également noté au XIIIe siècle Cancerilles, Cancerilhe, Cancerilhes, en 1555. Colla de Cancerillas, 1253. La configuration géographique fait retenir cette hypothèse qui est un passage stratégique entre les communes de Méounes et de Signes (rivi Capelli). A rapprocher également du toponyme seynois Cancelié, borne Nord mise en place lors de la séparation de Six-Fours et La Seyne ; et de Cancelade, terme entre Ollioules et Toulon. Fabre de Cancerilles, et Isnard de Cancelade, sont des propriétaires signois (Indicateur du Var, 1898). Précisons que l’Occitan a deux termes pour désigner le bord d’un champ qui permet à la charrue de tourner : càncel et ses dérivés canse, cansi ; et talvera dont la forme provençale est diphtonguée, tauvera (tournière).

Cante Cigale, Cantesigale- Noté également Cante Sigare, 1830. Au Nord de Chibron. KaN, racine p-i-e, hauteur (cf. -KaN-T : Cantal, rocher). Détournement de sens (XIXe) d'une racine souche que l'on retrouve dans l'espace pré-latin. Doublement de sens avec la base oronymique - Sik, proche de la base ligure Sek (RH), composée avec suffixe: al-a (à rapprocher de Sigale -AM-, de Cigala en 1144.
Le nom relativement récent (1864) dénature une origine médiévale. Podium Sigotos, 1187. Exemple de folklorisation caricaturale d’un toponyme dont l’origine échappe au cartographe.

Caou. Cf. Vallon de la Caou (vallon proche de Taillane) et Peycaou.

Cap (le Grand), 784m. Point remarquable sur la route forestière de Signes à Solliès-Toucas. ad caput Morerie, 1182. Commune de Solliès-Toucas, au Sud-Ouest de Morières-le-Cap. Pyramide de Cassini. Lat. caput, > oc. cap, tête, cime.

Capelière (la). Nous avons retenu ce toponyme situé sur la commune de Méounes-les Montrieux, qui nous semble être un exemple des « faux amis » rencontrés dans notre enquête. Ce lieu, devenu lotissement, est à l’écart de la route qui longe le Gapeau. Le sens de «chapelière» («fabrique de chapeaux»), ne peut être retenu. Il s'agit d'une extension sémantique du lieu et de sa configuration hydronymique (Le Gapeau, fleuve qui se jette dans la mer à Hyères). Racine p-i-e. -GaB. Suf.lat. aria, arium. Les dénominations médiévales l’attestent : als morres de Capellera (1223) et Gapelliera. Les élévations -morres- dominent le cours du fleuve. Ad rivum de Capel (1253).

Carnaval (cf. Vallon de).

Casau. Micro-toponyme. En face du Sablier. A l’extrémité Est de la Plaine des Tirassades. Renvoie à ostau, ostalet. Petite maison, masure, cabane, cabanon. Edifice en mauvais état.

Castellas. Emplacement fortifié qui a pu abriter des habitations (cf. VII.1).

Castellas de la Vaucrette. Au Nord de Mau Segur (cf. Vaucrette). Hauteur avec enceinte. Casteou Maoulin, fort d’en bas, 1923.

Castellas d’Envès. Cf. Pou de Vèze, Tête de la Commune.

Casteou Maoulin. Cf. Castellas de la Vaucrette.

Castrum. A l’origine, il peut être un camp romain qui devient un château féodal autour duquel se développe un habitat (VII.1).

Cauvets, Hauts, Bas (les). Au Nord de Beaupré. Espaces dénudés. Racine pré-indo-européenne -K..B, base KaB, hauteur. Bas Cauvet (le): Bas de pente, réservoir. Haut Cauvet (le). Qualificatif qui peut s’appliquer à une personne (sobriquet ou patronyme) ou à une hauteur dénudée.

Chaberte (la). Lieu-dit, patronyme. Près du Mourre d’Agnis. Vallon qui descend du plateau de Tillet vers Taillane. Nom d'origine germanique (Theud-, peuple, évolution du t + h aspiré a évolué en tch > ch. Suffixe behrt, illustre. Patronyme. (AJ).

SourireChabran, (Citerne et Tête de Chabran), en partie détruite par la carrière de Croquefigue. Patronyme dérivé du latin capra, la chèvre, > oc. cabra, chabra , chèvre et les variantes Chabrit, Chabran (AJ).

SourireChaïne. Microtoponyme. Petite source qui se jette dans le Raby. Proche de la source de Châteauvieux. Nom connu des locaux mais dont le sens est ignoré.

Chapelle(s). De nombreuses chapelles sur le territoire de Signes témoignent de la présence quotidienne du christianisme dans la période médiévale (cf. Chap. X, Les hagiotoponymes).

Charnier de Signes. Cf. Vallon des Martyrs. Résistants fusillés (18 Juillet et 12 Août 1944).  Voir également ci-dessous « Vallon des Martyrs » et le site correspondant qui relate le déroulement de ces événements tragiques.
www.var39-45/lieux/ouest/signes.php

Château Panier, enceinte Age du Fer. En limite de la commune de Mazaugues, massif de la Sainte-Baume. Deux abris sous roche, un pousson au nord de Paneyrolles : oc. posson (poussoun) : résurgence, trou d’eau. Rac. p-i-e P- N-, hauteur.

Château Renard, Châteaurenard. Jas de la Renardière (Cassini). Commune de Riboux. Signal de Château Renard, 498m.

Château Roux. L-d situé en rive droite du Latay. A l’Est des Maulnes. Stephano Ros de Signa, 1186. (Boyer R. 1980, cité par RH).

Château-Vieux, Châteauvieux. (546m). Appellation contemporaine. Toponyme central de la commune de Signes. En bordure du Raby. Castro Veteri, 1156; Vila Viella, 1195, in Signa territorio Castri Veteris, 1223 (Boyer.R, 1980), Castel Viell, XIVe siècle. «Château-Vieux» est vendu en 1227 par les seigneurs Guillaume et Raymond de Signes au Comte de Provence, Raymond Beranger V. (Ribot H., les Noms de Lieux de l'Ouest Varois, note 2314). Cf. Signes.

Château de Barrière. Cf. Barrairenc.

Château de Font Mauresque. Ou Château dit « Delestang ». Cf. Font Mauresque.

Chaurin. Cf. Puits de Chaurin. Patronyme.

Chibron. Plaine, Plan ou Plateau de Chibron. Plaine entre Peicaou et le Pont de Chibron. Rac. GaB- KaB-, eau, selon H. Ribot. Le point de vue de Mistral fait référence à Gibroun et rattache ce toponyme à l'étymon Giba (la bosse). Le Trésor du Félibrige le compare à l'arabe Gibel (cf. Gibraltar). Cette racine et ses expressions se retrouvent dans l'espace occitan (Ardèche, Hérault, Tarn). La commune de Correns (Var) a également ce toponyme. Ferme de Chibron, microtoponyme. Ancienne ferme. Camp militaire puis civil où furent internés des communistes et opposants au régime de Vichy pendant la guerre et des collaborateurs après la Libération. (Cf. www.var39-45/lieux/ouest/signes.php).

Cibo Jean-Baptiste, évêque de Signes pendant près de dix ans, où il décéda en 1550. Les signois désignent le lieu-dit « Cibo » qui est une statue érigée à la Vierge au Nord du village. Son tombeau se trouve à l’église Saint-Pierre.

Cigales (les), lotissement à proximité de la maison des associations (ancienne coopérative vinicole).

Citerne du Gouvernement. A l’Est de la ferme de Siou Blanc, commune de Solliès-Toucas. C’est sur le site du mémorial actuel que dix résistants furent fusillés dont le berger Honorat Ambroise. Stèle commémorative (6 juin 1944). (cf. « Liste des tués de Limattes » : site www.var39-45/lieux/ouest/signes/php.).

JSourireCiterne de Castellan ou de Mathilde. Microtoponyme. Quartier des Croupatières. Patronyme signois (Un Castellan, paveur, et une veuve Castellan, épicière, figurent dans l’Indicateur du Var, 1898).
 

SourireCiterne de la Nécresse. Microtoponyme. Tête au-dessus de Malegorgue. Jas ancien, sous Limate. Etymologie incertaine.

Citerne de l’Espinas. A proximité de la Colle de l’Espinas, en limite de Riboux. Oc. espina, espinassa (augm.), épine, buisson épineux. Mais aussi anthroponyme : Petri Espinacii, 1253, la terre d’Antoine Espinas, un des propriétaires de la vallée de Signes.

Citerne de Raphéou, oc. Rafèu, Raphaël. En haut de la Gorgue Fourcade (cf. ce dernier toponyme).

SourireCiterne de Rosa . Patronyme. Citerne se trouvant vers Limate, avant d'arriver aux Quatre Chemins.

SourireCiterne du Cros d’Alessi. Microtoponyme. A l’Est de la route du Beausset, après Croquefigue.

Citerne du Grand Clos. Au Nord-Ouest de la propriété Ricard.

Clapier : terme oc., également utilisé dans le vocabulaire francitan (parler local en pays d’Oc fondé sur un usage lexical de la langue d’Oc); formé sur le thème p-i-e kl-app, qui a donné clap en occitan provençal et en catalan pour désigner un tas de pierres (R. Ch). L’augmentatif clapàs est l’ancien nom de Montpellier, lo Clapàs.

Clapier d’Auriol. Al pozet d’Auriol, entre Colla de la Gast et Sambola Putelli, XIIe siècle (R. Boyer) ; Pou de Vèze, 1543. Commune d’Evenos. Patronyme, du nom d’un témoin de charte, Pons d’Auriol. Du latin Alcius.

Clapier de Veze. Au Nord du Puits d’Envès. Claperium de Vezz, 1182 ; Clapier de Ves, 1543 ; Pou de Veze. Evolution cacographique de Vezz à Ves, puis à Envès (1923) et à Evêque en 1982. (Moliner, 1982, cité par RH.). (Cf. Puit d’Envès).

Clos (les). Oc. claus. Les clos sont des enclos agricoles, champs bordés de haies ou de murs. Le glissement sémantique se fait souvent de clos à cròs ou clòt, creux. Ce chevauchement des termes clos-claus (champ enclos) et cròs (creux) est constant sur ce territoire. Il peut s’expliquer par une palatisation du r vers le l ou/et par une notation cartographique erronée. Mais pour l’un comme pour l’autre, la racine p-i-e. est commune : K-l/Kr. Pour les Signois occitanophones, le passage de l’un à l’autre est courant.

Clos (le Grand). Entre les Quatre Chemins et le Puits d’Encastre. Citerne du Grand Clos.

Clos Marin (le). Route du Beausset. Giratoire de Croquefigue. Aream Marini, 1182. Racine pré-indo-européenne -MaR, hauteur. Lieu-dit et Anthroponyme.

Clos Neuf (le), XIXe. Bas de pente. Entre la Barre de l’Eouré et les Tirassades. (cf. Jas Neuf).

Clos de Bois (le). Entre la Ferme de Limate et le Jas de Marquand.
On pourrait penser à un lieu où pousse du buis. L’occitan boís – buis, et le français «bois» se télescopent (oc. lo bòsc, le bois). Ce n’est donc pas le cas du buis sur le territoire signois. Il s’agit du nom d’une vieille famille de Signes. (cf. Teste de Joseph Bois).

Clos de Mataron. 1174, 1220, ad clausum de Mataron. A l’Est de Siou Blanc. (cf. Trou de Mataron).

Clos de Parriguet (le), Cros de Parriguet (le). A côté de la Barre de l’Eoure. Hypothèse : adaptation récente de Pardiguier, lieu où séjournent les perdrix. Le maintien d’un patronyme nous semble plus cohérent.

Clos de Pegoun/Pegon. Au Nord de Peycaou, proche de Cante Cigale. (cf. Pegon).
Lat. pic, picis, oc. pega, la poix. Lieu où l'on préparait la poix. Peut aussi être considéré comme un surnom et un patronyme (fig. personne collante, importune).

Clos de Peiron (le). A l’Est du Jas de Laure. Devenu Cros de Peironnet au XXe siècle, après avoir été noté Puits neuf au XVIIIe siècle. Patronyme.

Clos de Sabatier (le). Orthographe fantaisiste dans le plan géométrique de 1830 : Sabattier. Les locaux retiennent volontiers le Cul de SabatierSourire, sobriquet dont l'origine patronymique leur échappe. Mais on y retrouve bien la base pré-indo-européenne KuL-, hauteur arrondie. Sabatier, sobriquet et nom de famille provençale, à partir du métier de cordonnier.

Clos de Verdaiès. Au Nord de la Daumasse. Mais aussi sur la commune du Castellet : Verdarès) (le), (verdalès, verdalay l passe au r, palatalisation) : vert. joyeux, vigoureux. Baïsse du Verdaiès (la), orthographe approximative, Verdalaïsse (1854. Oc. verdalet. Endroit herbeux, vert, fourrage. Verdalais, Vert, Verd, noms de famille méridionale (Mistral F., Levy E., RH). Noté également Cros de Verdaiès, 1830.

Clos des Bécasses. Toponyme sentinelle, à l’Ouest de la Lauzière. Rive droite du Latay. Ferme.

Clos des Clapiers (le), Gros Clapier (le). Racine p-i-e K-L. oc. claus, terrain qui peut être pierreux ; Rac. p-i-e -K-P, base - KlP : kl-app- > oc. clap/clapa : lieu où la pierre domine. Redondance de sens oronymique. Pied du Grand Perus. (Gros Péruis, 1939, SV). (cf. Lo Clapàs, ancien nom de Montpellier).

Clos des Vanades. (cf. Vanades).

Clos du Vallon Marseillais. Lieu-dit sur le chemin de Signes à Marseille, en bordure du Var et des Bouches-du-Rhône. Dénomination moderne. Vallon Marseillais. A distinguer de La Marseillaise, à l’Est du village.

Col de Lebrier. Noté ainsi par Cassini en 1778. Hauteur sur Siou Blanc, à l’Ouest du plateau et de la ferme. L’étymologie plus ancienne renvoie à Colla del Lebrer, 1177. Sans aucune relation avec l’oc. fem. lèbre, (lièvre). Il s’agit d’une racine p-i-e oronymique L-P. (rocher, pierre). Cacographie* (cf. lexique) entre còl, passage et còla (oc.), colle, colline, hauteur. Cf. La Lébrière.

Colle (la Grande). Au Nord de la Tête de l’Agasse.

Colle Vieille. Au Sud-Ouest des Baumes. (appellation référencée en 1778, Cassini ; notée Collevieille en 1864). Racine p-i-e K-L. oc.> còla vièlha, une colline considérée comme ancienne, coutumière. Il est difficile de suivre V. Saglietto qui en fait un lieu de surveillance, « Colle Veille ».

Colle d’Ameron. Hauteur et replat d’Agnis, en limite de Méounes. Un des rares toponymes portant le nom de l’amandier. Collam que vocatur Plana d’Ameron, 1253 (colline que l‘on appelle Plaine d‘Ameron). Oc. Ametlier, amandier et ametlon, amande verte (phon. ameloun/ameroun).

Colle de Danjean (la). Hauteur, commune du Beausset, en limite de Signes. A proximité de la zone d’entreprises (cf. Danjean).

Colle de Fède (la). Sommet culminant de Siou Blanc (826m). Oc. feda, la brebis; élevage d’ovins dans la colline. Initialement Colla de l’Agast/la Gast, 12e-13e siècles. Pas de la Colle de la Gast supra comtador, 1543 (cf. Comtador).

Colle de la Gast. Colla de la Gast ou de l’Agast. XIIe-XIIIe siècles. Hauteur, en limite d’ Evenos et Signes. Cf. Colle de Fède. Oc. nf. feda, brebis. Surimpression du substantif l’Agast, nm., l’érable de Montpellier, arbre que l‘on retrouve en pays de Sainte-Baume. Ce faux ami, dont la Colle de la Gast/l’Agast pourrait rendre compte, ne peut être ici retenu : nous sommes en présence de sols pauvres peu propices à son développement. Le lieu-dit, « Colle de Fède » qui le prolonge à la fin du XIXe siècle, est comme son nom l’indique plutôt favorable au pacage des ovins (cf. chap. V.2 ).

Colle de Lubac. L’incompréhension de l’équipe de Cassini, en 1778, en fait une notation cacographique*. Bon exemple de diglossie*. Ce lieu-dit est aussi noté Bergerie de l’Uba, au Sud du Plan de la commune. Ubac : versant Nord d’une hauteur.

Colla de Silveta, 1137. Elévation au Nord des Tirassades. Estreg de Silveta, 1253 (cf. La Sauvette). Lat. silva, forêt. Avec diminutif. > oc. sèuva

Colle de Testen (la). Cf. Testeing, Testen. Proche de la colline de Cancerilles, en limite de Méounes. Colla de Testen, 1253.

Collet de Bastian (le). Hauteur. A l’Ouest de Romanil. (cf. Bastian).

Collet de Latière (le). A l’Ouest du Vallon de la Luyi et des Enfers, adrech de la Sainte-Baume. Lat. collis> oc. còla, colline, dim. colet. Latière : racine p-i-e al-hauteur et ar, source. Suf. lat. aria, arium. Doublement du sens oronymique pour désigner un lieu relativement haut.

Colline de Sainte Croix. (Cf. Ste-Croix). Au Nord-Ouest des Plauques. Sommet, croix et relais de télévision. Hypothèse de Delattre G. et Julien G. selon laquelle aurait été dressé en ce lieu-dit le gibet seigneurial (rapporté par RH.).

Collet du Gapeau. XIXe. Hauteur proche des sources du Gapeau (cf. Chap. III, l’Eau). Llat. collis.> oc. còla- (phonét. coualo)- ; dim colet/coulet, colline, côteau.

Combe (cf. lexique).

Combes (les). Au Sud-Est de la Plaine de Signes, à l’Est de Sammiguier. A noter que ce lieu est plat. Il faut le distinguer d’un autre lieu-dit, « les Combes », situé sur la commune de Mazaugues.

Comptador, Coumtadou, Coumptadou. Lat. computare > oc. comptar, compter. Endroit où l’on compte les brebis. (cf. Colle de Fède).

Coteau de Paradis (le). A l’Ouest de Paneyrolle. Paradis renvoie à un reposoir, oc. pausador (pausadou). Lieu ensoleillé, propice aux troupeaux ou à l’agriculture. Par extension, patronyme (cf. Paradis).

Cottes (les Hautes). Oc. còsta. Les Hautes Côtes, à l’Ouest du village, exposition Sud. Anciennement « Plan de l’Olivier » J Cette graphie francisée se retrouve dans tous les lieux- dits, jusque dans la Drôme provençale, après les transcriptions cadastrales des Cassini (cf. la Cotte de Montbrun-les-Bains, avec escamotage du lieu-dit d’origine, la serra (l’élision du s étymologique fait doubler la consonne t). Exemple de diglossie* (Cf. lexique).

Cour d’Amour. (cf. Signes et document en annexe).

Crestian, Cristian. Cf. Pey Crestian.

Crispin, Crespin : panier de cordonnier. Par extension, surnom et nom de famille méridionaux. Vers Riboux, Cabanon Crespin, Maison de Crespin.

Croix (la). Aire de décollage des parapentes au Sud de Signes, à l’Est de Limate.

Croix de Signes. lat. crucem, oc. crotz. Au Nord de la "Place d’amour" (d’amont).

Croix de Taillane (la). Racine a-L, thème - Al-T, hauteur. Hauteur appelée aussi Notre-Dame des Anges, oratoire. Col entre Château-Vieux et Taillane, au Nord du Jas de la Basse, sur l’ancien chemin rural de Signes à Rougiers. Hauteur, en parallèle avec la Barre de Taillane (cf. Notre Dame des Anges).

Croix des Béguines (la). (1148m), sommet de la Sainte-Baume. Référence est faite aux béguines, vivant sous régime couventuel, sans prononcer de vœux.

Croquefigue. Ancienne ferme, carrière à l'Ouest du Plan de Chibron qui en défigure le site. Le passage de l'oc. cròs (creux, cavité) à «croque» est possible (racine p-i-e. K-R, rocher) et donne naissance à une «folklorisation sémantique». Lieu pierreux, dans un vallon, en exploitation actuellement (Lafarge-Granulats). Plus vraisemblablement surnom et patronyme.

SourireCroque-pierres, sobriquet attribué par les Signois à la carrière de Croquefigue.

Cros. Terme générique dont le sens est un creux, un petit vallon, une cuvette. Origine pré-indo-européenne –K--R, lat. scrobis, trou, fosse. > oc. cròs. Le terme provençal est souvent confondu avec le terme français clos (cf. supra) dont le sens est distinct : oc. claus. (cf. Chap. IV.4). Dans le parler local, le cros désigne un champ cultivé.

Cros, l-d. XIIIe siècle. A proximité de la Daumasse (Boyer R, 1980, cité par RH).

Cros aureum, 1187. A l’Est de Châteauvieux (cf. Fontauroi, Cros d’Or, 1936, SV).

Cros d’Alessi. Entre Croquefigue et Danjean. Patronyme (cf. Citerne d’Alessi).

Cros Negadis (le). l-d. Plateau d’Agnis, à l’Est de la Verguine. Champ cultivé, inondable.
Cf. Negadis.

Cros de Belincènt (le). Cros de Belencen. A l’Est de la ferme de la Limate ; Le Bois de Belencent.  oc> incent : absinthe, herbe sainte.

Cros de Bercel (le). Bercello, 1253. En limite de Méounes. Orig. : bercèl, bercaria, bercello, bergerie ou nom de berger. Lat. > bervex et vervecem, évolution du V>B. (RH).

Cros de Braquetty/Braquetti (le). 1778, Cassini. Entre Daumasse et Puits d’Envès. Altrebraquet, 1252. Cf. Braquetti.

Cros de Faverolle. Cf. Faverolle.

Cros de Gaget, Ubac de Gaget (le) : au Nord de La Tête de la Paillette. Lieux-dits. L’Ubac: exposition Nord : (H)ubac de Gaget, (pente nord, après les Plauques). Oc. gaget, petit geai.- ou diminutif de gage. Nom de personne (Dauzat A).

Cros de Mataron (le). A l’Est de Siou Blanc. (cf. Clos de Mataron). ad clausum de Mataron, 1174 (Boyer R. 1980, cité par RH).

Cros de Parriguet (le). (Cf. supra Clos de Parriguet). A côté de la Barre de l’Eoure.

Cros de Recoux (les)/ Recou, Roucou. Patronyme. A proximité du vallon de Trebuquet. Plante tintoriale rouge. Roucouhier, arbrisseau (TdF, 1890).

SourireCros de la Bigue (le). Entre Chibron et Croquefigue, à l’Est de Peycaou. Oc. biga, poteau.

Cros de la Daumasse (le). Cuvette le long de la route forestière entre Solliès-Toucas et Signes. (Cf. Daumasse). XVIe siècle, Bastide la Daumasse, Cassini 1778.

Cros de l’Espigne (le) l-d au Nord de Taillane, sur la commune de Mazaugues. Oc. espina, espinha, espigno : épine, arête. Champs anciennement cultivés, actuellement parsemés de buissons épineux. Noté également Colle d’Epines.

Cros de l’Homme Mort (le) (SV, 1936). En limite d’Evenos.

Cros de l’Oume (le) Au Nord de la Lucrèce. Puits des Crottes, carte Cassini, 1778. Cf. Puits de l’Oume.

Cros de Peyronnet (le). (SV 1936). A l’Est du Jas de Laure. Cf. supra Clos de Peiron.

Crottes (les) : oc. lei Cròtas, ou Cros (les). Au Nord-Est du Domaine de Limate. Le propriétaire de ce lieu-dit a planté des châtaigniers. Dans ce secteur, L’ONF a planté des cèdres.

Croupatières (les). Bergerie sur l’ancien chemin de Signes à Toulon. Au Sud des Plauques. Vallon des Croupatières (oc. lei cropatieras). Suf. lat. aria, arium. Racine KoR-B. Al puei corbier 1223). Cette racine oronymique qui renvoie à une hauteur (p-i-e. -KoR) est souvent mise à tort en parallèle avec un lieu fréquenté par les corbeaux. (cf. Vallon des Croupatières). Connu également par les locaux sous le nom de Croupatas. (cf. Puits Corbier).

Cruvelier, Cruvilier, Cruvilière. Hauteur au Sud du Massif d’Agnis, proche de Méounes. Patronyme. A l’origine, fabricant de cribles et de tamis; ad planam collam de Cruvelliris, 1253. XIIe siècle (Boyer R, 1980, cité par R.H).

Cuillerets (les). Racine pré-indo-européenne -K-R, hauteur, rocher. A côté du Jas de Marquand. Hauteur avec sens de rondeur. Diminutif pluriel. Idem pour « Quille »J,  appellation locale.

Cuques. A l’Ouest de Pierregaou. A rapprocher du toponyme Cuges : racines p-i-e K-G, K-K. Oc. cuca. Hauteur, escarpement. Cf. Puits de Cuques, Baume de Cuques, Jas de Cuques (Cassini, 1778), Puits des Lentisques (contemp.). Commune de Cuges.

 

D - E

 

Daumasse (la). Ferme qui est proche de Braquetti-le-Vieux, à l’Est du Puits d’Envès. Patronyme dérivé d’un saint grec du IVe siècle, Dalmatius, originaire de Dalmatie. Terme qui renvoie à un habitat, à un lieu-dit (cf. Cros de la Daumasse).

Danjean, Danjean-le-Vieux, Colle de Danjean : face à la zone d’activités de Signes. Nous avons là un bel exemple de diglossie : la cacographie dénature l’étymologie occitane : D’En Joan, (Monsenh Joan). En peut aussi traduire le in latin. Les relevés cartographiques des Cassini (1778) sont plus près de l’étymologie puisqu’ils y voient la « Colle de Don Juan ». Mais c’est encore une belle dénomination folklorisante « à la française » qui peut masquer un hagiotoponyme : Dom (dominus) et peut-être Saint-Jean.

Defend, Deffends. Quartier de la Lauzière. Toponyme assez répandu que nous retrouvons dans tout l’espace occitan avec ses nombreuses variantes. Lat. v. defendere, défendre, protéger, > defensus, defens, avec ses variantes et évolutions : devens, deves, devesa, devèze, ves, vez. Terrain communautaire, défends, réserve, pâturage. Origine médiévale. (cf. Puits de Fam).

Dubliou. En rive droite du Gapeau, sur le côteau situé en face de Cancerilles. Nom de famille provençale.

D’Emblanques (Prés d’). Hauteur au-dessus du Latay ; casteu dou prat dei Blanco (Henseling. L). Giraud fait référence à « Signes La Blanche ». Préposition en pour in ou abréviation de Monsen : oc.> En Blancas. Willelmo Blanco, 1204 ; Stephano Blanco, 1240. Les prés d’Emblanques.

Eglise Saint-Pierre. Village (1096,1656, 1753).

Eléphant de pierre (l’). Entre l’Abîme des Morts et Roucas Traouca. Curiosité de la roche qui prend la forme d’un éléphant.

SourireEndrelas (le Trou de l’). Microtoponyme à valeur hydronomique. Lieu-dit connu des chasseurs et randonneurs. Racine p-i-e. D--R, eau. A rapprocher de la Bastide de l’Endoureille (Giraud, 1864), commune du Beausset, et de l’Endre, ruisseau de la commune du Muy.

Eouré, Eure. Oc. eure, eurre, lierre (cf. Barre de l’Eoure. Au Nord du Jas de Laure).Mais la racine p-i-e peut être un hydronyme (A. Nouvel).

Eouvé Court (l’). A l’Est de Clos Marin. (oc. èuse cort), le chêne vert, avec passage en provençal maritime, du s au v entre deux consonnes, pour Euse, «yeuse».

Escampo Pissadou. (oc. Escampa-pissador): sources intermittentes. Commune de Méounes-les-Montrieux, Nord du CD2.

Esdra, Esdre, Asdre, adj. oc.> sec. Roca Esdre, 1206, hauteur ; lieu-dit en limite de Montrieux.

Espeireguns (les). Espereigun, lieu-dit à la sortie Est du village. Du lat. petra > oc. peira. Lieux pierreux.

Espessoles (Les). A proximité du Vieux Moulin et de la Lauzière. Bastide en ruine et champs en friches. oc. espés, épais. Avec suffixe -òl, òla. Lieu complanté (cf. les Espeisses, bois des environs de Nîmes, <bas lat. speissas, TDF). Le suffixe oc. -òla (s)-(lat.-ola), diminutif, s’applique à une plantation. Carte Cassini, Espessoles (1778). Cf. à Cuges, le Vallon (comblé) des Espesses. Ce toponyme pourrait aussi être rattaché à la série des dérivés de espinas : espes, espinos, espinassa (RH).

Espilladou. Oc. espilhador. Les espilhadors, en provençal, sont de petits écoulements d’eau intermittents le long d’une barre rocheuse. F. Mistral (TdF) rappelle son origine : v. espilejar, jaillir en petit filet. Terme assez usité en pays de Sainte-Baume et à Signes, de nombreux « espilladous » sont connus des locaux.

SourireEspilladou des Pellegrins (l’). Gorge des Pellegrins. Ce microtoponyme est comme un repère hydronymique sur le passage ancien des pèlerins qui se rendaient à La Sainte-Baume.

Essarriades (les). De l’oc. ensarriada, eissarriada, ravine, rigole. (cf. ragàs, regatge). Collecteur des eaux de pluie. A rapprocher également de vallat, fossé, récoltant temporairement les eaux de pluie. De nombreuses ensarriadas figurent sur la commune de Signes.

Essarts de Caracou (les). Au Sud de Puits d’Encastre. Les esssarts, eissarts, issarts sont des terres défrichées. Colla bassa de Gaudeschart, XIe siècle ; toponyme formé sur le germanique wald, forêt et essart. A donné des lieux-dits et le patronyme Gaudissart dans le Var. Cf. La commune de Gaudechard dans l’Oise. Caracou : sobriquet dépréciatif : oc. caraco : caraque, gitan, tzigane. Surnom qui semble renvoyer à une personne. Mais la racine pré-indo-européenne K-R, rocher, peut aussi être la base du toponyme.

Estrangle-gat (l’). Oc. cat/gat, chat : passage resserré, à l’Ouest de la Limate, après la Paillette. Littéralement « étrangle-chat ».

Estre. Commune de Signes, en limite de Méounes : Estreg de Silveta, 1253. Silveta (cf. Sauvette). Oc. Estrech, estreg, estrechura, destrech, destel, estrech, estrèche…, étroit. Terme qualifiant un passage étroit, un défilé.

Estrechs (les) – « Les Etroits ». Commune de Mazaugues. Deux glacières. Sous l’Héritière, une des sources du Latay.

Evêché. (La maison de l’). Ancienne maison épiscopale des évêques de Marseille. Actuellement Nougats Fouque. C’est dans une habitation proche, rue Saint-Jean que fut assassiné Frédéric de Ragueneau (26 septembre 1603). (cf. infra, Ragueneau).

 

F - G                                                                   

 

Faïsse. Oc. faissa, terrain long et étroit, qui peut être mis en valeur et soutenu par des murs de pierres, restancas, bandes de terre en terrasse. De nombreux mots dérivent de l’étymon lat. fascis, et oc. fais, faisceau : fascia, fascie, fayssa. (cf. Fichu, dim.). Aujourd’hui la déprise agricole traditionnelle en montagne moyenne laisse place à une reprise de la forêt et de la garrigue, à la destruction des travaux de soutien façonnés par de nombreuses générations de paysans.

Faïsses (les). A l’Est du Pont du Riche. Ce lieu-dit est plat.

Faïsse Curette. Au Sud du Moulin du Gapeau. Racine K-R, base KuR-, rocher. A rapprocher du patronyme Curet (Six-Fours). Appellation locale : Faïsse Curèle, Faïsse Carèle. Noté également " Faïsse de Curet". Patronyme.

Faïsses de Montrieux (les) : au Sud du Jas de Marquand. Ad summum fascie Marie de Sex Furnis, 1182. (Boyer R. cité par RH). Les seigneurs d’Orves avaient des terres à Six-Fours. Aicard, fils de Pierre d’Orves y possédait des biens en 1225. Marie de Six-Fours, ici mentionnée, est probablement une parente (RH, opus cité, note 5036). Famille des vicomtes de Marseille.

Faïsse de Rey (la). Dénommée localement "Faïsse d’auroï". A l’Ouest de la ferme de Limate. Oc. faissa : bande de terre. Mais la cacographie cartographique donne aussi « Fraise de Rey »! (1864)- Rey, nom de famille provençale.

Faissa de Vidau, 1182. Castellas de Vidal (SV. 1935). Tour de Vidal, 1978, commune d’Evenos.

Fangàs. Ce terme oc. est répertorié en de nombreux endroits sur le territoire de Signes et au-delà. Endroit boueux en saison humide, il disparaît l’été. Il est le lieu de rencontre du gros gibier et notamment des sangliers qui sont nombreux en pays varois. Ces derniers viennent s’épouiller (v. oc. espesolhar). (Cf. Les Fangues, SV).

SourireFangas des Bruyères (le). Microtoponyme. Plan dans les Tirassades, au Sud de Beaupré.
Terrain fangeux, bourbier (augm. oc. às, péjoratif). Fangues (les) : (oc. lei fangas)- fango).

Faverolle. En limite de Méounes. CD2, rive gauche du Gapeau. Oc. Favaròlas, Faveiròlas. Vallonus de Favairolis, 1187. Lieu planté de fèves (oc. fava + double suf. airòl, airòla). Ce terme est courant dans l’Ouest du Var (Chapelle et quartier du même nom à Ollioules). Suffixe ol, ola, à valeur diminutive. Bastide de Faveirolle et Cros de Faverolle ou Cros de Guillaume de Signes, 1235.

Fède. oc. feda, f. (fedo), brebis. (Cf. Colle de Fède).

Ferrages (les). Proche de la déchetterie et de l’ancienne coopérative vinicole. Champs fertiles semés de fourrage. Du latin fero, fertile. Oc. ferratja, fourrage en vert ; Fig. : terre à blé fertile (Dictionnaire provençal-français- J.Fettuciari, G.Martin, J.Pietri). Certains signois se souviennent aussi que, à la sortie Sud du village (stade), un lieu était consacré au ferrage des chevaux. Cette éventualité ne remet pas en question le sens étymologique que nous retenons. Les ateliers des deux maréchaux ferrants, (Justin Barthélémy et Louis Levens, dit Tonin) étaient situés rue Ferraillette et rue Marseillaise.

Fichu (le). Lieu-dit au Nord de la Tête de la Paillette. Ancienne ferme et jas ruinés ; sols autrefois exploités, actuellement envahis par la végétation forestière. Bande de terres en terrasse, oc. faissa. Variantes : faicie, fascie, faysse, faissier ; noté diminutif : faisseta, fichu (RH).

Figaret (le). Lieu-dit, à distinguer du Raby (Saglietto V). Nom attribué au quartier du Raby. Ancien nom du ruisseau du Raby (cf. ce toponyme). Un autre lieu-dit Figaret existe à l’Ouest de Mazaugues. De l’oc.> figa, figuiera., figue et lieu où poussent des figuiers.

Fontaine des Sorcières (la). Située place du marché, elle date de 1555, avec quatre sorties ayant une valeur précise selon la mémoire locale : amour, santé, argent, mauvais œil. (J-M Thibaux, La Sainte Baume au fil des eaux, Edisud). Propriété des évêques de Marseille qui succédèrent aux vicomtes de Marseille et à la famille seigneuriale de Signes, les évêques séjournent souvent à Signes (rue Louis Lumière donnant sur la place du marché). On dit aussi que leur séjour aurait eu pour but de conjurer l’influence des sorcières. Les sorcières de Signes continuent de faire référence dans l’imaginaire local et le roman régional.

Fontcimaille. En limite de Méounes, RD 202. Lat. fons, oc. fònt, source, fontaine. Ragio de Fulcimania, 1137. Fulcimanha, 1221. (Cf. Cimaï). Draille de Fontcimaï. Draia de folcimanna, 1240. Oc. dralha, draille, voie pour le passage des troupeaux. Cimaï : oc. cima, som, cime, sommet. Rac. p-i-e –KiM.

Fontaine de Reboul (la). Cf. Reboul., Boyer 1980, cité par RH. comme une des limites possibles de Signes-Barrairenc  (cf. cette appellation).

Fontauroi./Fontauroï. Une des sources du Raby. Entre le village et Châteauvieux. Font d’Or et Fontaurose (Saglietto V), 1952. Lat. aurosus > oc. aur/òr : de couleur dorée. La source aux eaux dorées.

Fontêtes (les). Cf. Adrech des Fontêtes/Fontettes.

Font Mauresque. Commune de Mazaugues. Mauresque: souvenir d'une sédentarisation «maure»? La couleur brun doré (que l'on retrouve dans plusieurs noms -maurigue, maure- goun-, renvoie à une racine commune (gr. mavros> lat. morucla : morille). Mistral y voit également un nom provençal, dérivé de masque, personne travestie. Oc. Fònt mauresca. Il s’agit d'une fontaine aux eaux sombres et dorées. (cf. Fontauroï). Ce toponyme est à rapprocher du nom de famille Delestang (ou De l’Estang). C’est le nom d’une vieille famille provençale (1123).

Font de l’Eouré (la). En limite de Montrieux, commune de Méounes. Rive droite du Gapeau. Au-dessus se trouve la Barre de l’Eoure. Oc. l’eure, le lierre.

Font du Théoulé (la). Sur la rive droite du Gapeau, à proximité de la Chartreuse. Lat. fons, source, fontaine ; lat. tegula, oc. teule. Tuile ou toiture de tuiles.

Formigam (ad penram Formigam, 1253). En limite de Méounes. Ce toponyme ancien, nous rappelle la base p-i-e. –FoR, hauteur, et le thème –FoR-N qui subit l’attraction du latin formica, fourmi, > oc. forniga/formiga. Ce sont de petits isolats oronymiques, rochers. (cf. Chap. IV, note 48). La précision ad penram Formigam, issue du p-i-e. ou du ligure pen, est une redondance du thème oronymique dans cette référence médiévale. On ne peut donc confondre ce thème avec l’oc. formiga, fourmi.

Foulon (le). En bordure du Gapeau, près de Cancerilles.
Foulon, fouloir (1778). Moulin servant à fouler, dégraisser les draps, fouloir de chapelier, feutre.

Gaches. Défens, (les). A proximité de la ferme de Siou Blanc, au Sud de Réténaou. A rapprocher de garda, gardia ; puis gacha, garde, guet ; gachon : sentinelle. (cf. germ. wardon, même origine que garenne : lieux réservés, gardés). L’occitan agachon, poste de chasse, endroit d’où l’on observe sans être vu, est bien resté dans le provençal quotidien local.

Gapeau. Fleuve qui prend sa source à l’Est de la Plaine de la commune. Il se jette dans la mer sur la commune de Hyères (cf. Collet du Gapeau). Racine pré-indo-européenne. G-B, G-V, eau. Flumen Gapelli (1140)- ad fluvium Capelli (1250)- Alternance c/g/. Capeau/Gapeau (1871): sonorisation du c en g.

Garancière (la). En limite de la commune de Méounes. Lieu où pousse la garance. In summitate podii de la Guilencier (1253). A proximité du Clos de Peiron. Economie de la garance au 18e siècle. La racine de cette plante fournit l’alizarine, substance colorante rouge. Autre étymologie possible selon H. Ribot : oc. aguilansier, aguaransier, églantier, ou encore une racine oronymique p-i-e aG-. Avec suf. lat. arium, aria.

Gast (la). Cf. l’Agast, Colle de Fède et Colle de l’Agast. Sols collinaires pauvres.

Gaude (la). lieu-dit, torrent, lieu humide, situé au Nord-Est du village, actuellement goudronné où on lavait le linge. Lotissements récents. Oc. gauda, A rapprocher de l'oc. lo gaudre, torrent, ravin (racine pré-indo-européenne –GaB). Le toponyme Gauda/Gòda se retrouve dans tout l’espace occitan, représentant un creux ou un ravin (lat. gabata, jatte). cf. Gaudière (la), l-d, Aude). La commune de La Gaude (AM) en témoigne. A rapprocher de Goude, même racine -GaB, -GaV, ravin, torrent, dont le patronyme Gode dans le Var est présent. L’occitan gota (phon. gouto) désigne un petit ruisseau.

Garagaï du Signoret, Ragage du Signoret. Le gouffre du petit Monsieur, Maître. Oc. garagalh. (synon. oc. avenc, gorg, tomple, ragatge). Nom conservé de la période féodale (oc. senhet, senhoret, dim., petit seigneur). Patronyme et sobriquet.

Glacières. De très nombreuses glacières se trouvent sur la commune de Mazaugues. Musée de la glace. Elles sont caractérisées par le stockage de glace l’hiver, base d’un ancien commerce vers les centres urbains et notamment vers Marseille au XVIIe siècle. On trouve également d’anciennes glacières ailleurs qu’en Provence (Paris, 1533. Murcia, Espagne…).

SourireGlacières d’Aguillon, (les). Microtoponyme (nom d’une vieille famille signoise). De l'oc. agulhon (aiguillon), proche de la rive gauche du Latay, en amont de la vallée du Latay. Au Sud de la Sainte-Baume (indiquée sur carte IGN sans patronyme).

Gorges de Lavène (la). (1845)- Au Nord de Châteauvieux. L'aven, abîme. Le passage de l’aven. Le sens hydronymique est aussi rappelé par Mistral (l'Avène) et vient compléter le précédent. (cf. Lavena, l’Avena).

Gorge de Leygue (la). Au-dessus de Chibron. A distinguer du Vallon des Lecques. Notation phonétique pour l’aiga. Gorge des Pellegrins (la). Un des lieux de passage des pèlerins se rendant à la Sainte- Baume. Situé près de la Lauzière. Oc. la gòrga (gouargo), la gorge. Lat. peregrinum > oc. pelegrin, le pèlerin. Egalement sobriquet, nom de famille provençale. (cf. Espilladou des Pellegrins).

Gorge du Long (la). Près de la Plaine des Vaches et de la Citerne des Quatre chemins.

Gorge du Maréchal (la). Vers Turben. Commune d’Evenos, en limite de Signes. Référence faite à un possible patronyme, propriétaire de ces terrains sur le territoire communal.

Gorge du Pousson (la). Près de Croquefigue. Oc. gòrga dau posson, la gorge du petit puits. Gouargue (phonét), passage étroit. Poussoun, petit trou d’eau alimenté par un filet d’eau.

Gouargue Fourcade (la). A l’Est de Ponchin. (oc. gòrga forcada), gorge fourchue, gorge étroite, passage par lequel l’eau s’écoule.

Gouvernement. (Cf. la Citerne du).

Grand Cap. (Cf. Cap).

Grands Péru (les), Petit Péru (le). Lieux à caractère rocheux. Versant Sud de la Sainte-Baume, au Nord-Ouest, en limite de Riboux. Lat. podium ruptum, selon Saglietto V. Hauteurs et collines. De l’oc. peira/pierre, peirós/pierreux ( selon A. Dauzat). Pourtant la proximité avec perusperussa, poire sauvage et perussier, poirier sauvage, en conformité avec l'apparence de ces deux sites en bordure du massif de la Sainte-Baume, nous ferait pencher vers ce sens.

Grand Plan (le).1778, Cassini, le Plan de Signes. Comme celui de Cuges, il s’agit d’un poljé« (cf. lexique) qui s’étend sur la plaine de Signes, les Rigaudelles, les Ferrages, etc…).

Grand Puy. Toponyme sentinelle. Commune de Méounes, au Sud de Montrieux le Vieux.

Grosse Tête (la). En haut du Vallon de l’Infern, proche de la Barre de l’Eoure. (cf. chap. IV.2, les oronymes). Au Nord-Est de la ferme de Limate.

SourireGrotte du Déserteur (la). Anfractuosité dans une barre rocheuse sur le plateau d’Agnis. (cf. « Vallon du déserteur », contemporain. RH).

Guarduère (la). Secteur de la Lauzière. 1830. Adaptation de l’oc. gàrdia, (suf. lat. arium, aria > oc. ier, iera). Lieu de garde, de surveillance (cf. Les Gaches).

Gypières (les). Rive droite du Raby. L-d Les Plâtrières. (Cf. La Bourrillonne). Noté également les Gyptières. Oc. gip, gypse, plâtre. Oc/prov. gipiera. Le gypse est chauffé dans un four pour être deshydraté en vue de fabriquer du plâtre.

                                                             

 H - I – J

 

SourireHôpital (l’) et rue de l’Hôpital. Ancien hôpital le long du Raby, quartier Nord-Ouest du village.

Hubac (l'). lat. opacus, sombre. Côteau au Sud de la Plaine. Attesté en 1778. Les Ubacs, faces Nord des versants, sont nombreux. Orthographié également Uba. Colle de Lubac (Cassini).

Hubac de Gaget (l’). Au Nord du Cros de Gaget (cf. ce toponyme).

Hubac de la Citerne (l’). Au Sud-Est de la Billonne. Le Cros de la Citerne (lat. sisterna), origine médiévale à moderne (1864). Dénommé également « Citerne de l’Hubac ».

Huide, oïde, ouveda, ouvèze, luyi, luide. Lat. ozedum, conduite d’eau. Vallon de la Luyi. Bas vallon du Latay.

Hyppolite (Tête d’). Cf. ce toponyme.

Ile (l’). Lieu-dit, à l’Est du Romanil. Lat. insula.> Ila (mer), iscla (rivière), ísola (Nice). Rac. p-i-e. iL, hauteur. (Cf. la commune d’Isola- AM- dont le torrent est situé entre des hauteurs).

Ile Basse (l’). L-d. au Sud de la Lauzière. Entre la Bastide Basse et le Clos des Bécasses.
Même étymologie que Ile. Rac.-iL- et dérivé -oL.

Imbut des Enfers. (-152m). Aven des Enfers (cf. Plaine des Enfers). Imbut : oc. embut, entonnoir. Passage étroit.

Infern. Lieu soumis aux variations climatiques qui peut être un ravin, une pente abrupte ou un lieu soumis au soleil ou situé à l’Ubac. Du lat. inferium (situé en-dessous, en bas) on passe au bas-latin infernum avec l’ambiguïté du sens « enfer » à connotation religieuse. (Cf. Vallon de l’Enfern, souvent noté avec la métathèse* Infren).

Infirmerie (l’). Proche de Mau Segur (noté phonétiquement Mau Ségu). Jas transformé en infirmerie lors de la Peste Noire de 1587.

Issart/Eissart de Pantin (l’). Essart, terre défrichée. Pantin, patronyme (fr.)? Au-dessus du Pavon - (cf. Essart de Caracou).

Jaconière (la). Château, proche de la Fontaine de Briançon. La Jaconière-Puget, 1663. Jean d’Espinassy de Venel en est le propriétaire (Indicateur du Var, 1898). Propriété d’Espinassy.

Jas, Jasse - Jaç, Jaça. Bergerie. Du lat. jaceo, ere, (se) coucher; a donné le verbe oc. jaíre. Jas, Indifféremment masc. ou fém. Oc. lo jaç. Du bas-lat. jassum. (cf. Jas, Lexique in fine).

Jasse (La) - Jas de la Basse (Le), selon l'orthographe, ici francisée. Entre Château Vieux et Taillane.

Jas Neuf. (1778). Ferme, vallon. Au Nord de la Lucrèce (cf. Clos Neuf).

SourireJas de Castellan ou de Mathilde. Miucrotoponyme. Nom de famille signoise. (cf. l-d la Citerne du même nom). Route de Siou Blanc. Ancienne mercerie, rue Saint-Jean, tenue par Mathilde Castellan qui fut également organiste à l’église de Signes.

Jas de la Balse (le). Cf. Les Balses.

Jas de la Barillière/Barrallière. Cf. Barrallière.

Jas et Vallon de la Figuière. Bergerie, entre le vallon de la Panouse et Mau segur, haute vallée du Gapeau. Oc. figuiera (1253). Suf. lat. aria, arium.

Jas de la Renardière. Commune de Riboux, ferme. La notation la plus ancienne retenue  date de 1778. Nom d’origine germanique (rein, fin, pur); suf. lat. aria, arium. Signal de Château-Renard, hauteur (cf. Château-Renard).

Jas de Lastigueria. 1374. Collet de Latière. Hauteur. Source de la Luyi. Forme dérivée de Lataiara, Altaiara (RH). Racine p-i-e. aL-, aR-, suf. lat. aria, arium.

Jas de Laure (le). Plateau de Siou Blanc. Grand Aven du Jas de Laure. Bergerie, ferme, et apparemment patronyme. H. Ribot fait l’hypothèse d’un habillage de l’Eure, lierre ou racine hydronymique –Ur. (cf. chap. V.1). Anciennement Ragage de Brugedor (12e siècle). Oc. ragatge, abîme, ravin, aven. Oc. Brugedor, bruguière.
Cette ferme fut une des bases des réfractaires et résistants en 1943.

Jas de Marcan ou de Marquand (le). Plateau de Siou Blanc. Rac. p-i-e. -MaR, hauteur. Jas des Marquand. XVIe-XVIIIe, pente, bergerie en bord de route et d’une hauteur, partiellement transformée en refuge pour les randonneurs par le Conseil Général du Var. Anciennement Sambla Putellini, 1182. A distinguer du nom de famille, Marquand, que l’on retrouve également à La Cadière. Anciennes carrières de marbre.

Jas de Marin. (cf. Clos Marin).

Jas de Marrou (le). Oc. lo jaç/jas, bergerie. La bergerie de Marron-Marrou. Plateau d’Agnis. Patronyme. A l’Est de la Verguine.

Jas de Mourven (le). Bergerie du l-d Mourven. Genévrier de Phénicie, arbrisseau (TdF). oc. morven.

Jas et Cros du Peras (le). Cf. Peras, chapitre IV.

Jas des Adrechs (le). Bergerie en ruine. A l’Est de la Roudelière.

Jas des Amandiers (le). Bergerie, au Sud-Ouest de Château Renard.

Jas du Defens. 1778. Secteur de la Lauzière. Lat. defensus : défends, terrain communautaire, réserve. (cf. Défend)

Jas du Fichu. Ancienne ferme ruinée (cf. Fichu).

Jas du Marquis (cf. Marquis). Plateau d’Agnis. Cf. Marquis et Ragage du Marquis.

Jas du Mûrier (le). Plaine d’Agnis, en limite de la commune de Mazaugues. Lat. morus, > oc. amorier. Noté Bergerie des Amouriers (1933). Mouriès ou Maurier (1864). Ferme, bas de pente, XVIe-XIXe.

Jas et Cros du Peras (cf. peràs, perussier, chap.IV).

Jas de la Basse (la). Au Nord du Mourré d’Agnis. 1830, noté antérieurement la Balse.

SourireJasson (le). Microtoponyme. Limate. En descendant du Seuil/Suiel (cf. ce terme) de Limate, sur la droite. Diminutif de jas.

Jounces, Jouncas (les). En limite de Méounes. Lieux-dits, humides. Oc. jonc. Juncel (12e siècle), Jouncas (12e-13e siècles), Joncel (13e siècle), le Juncas (1864).

Joug de l’Aigle (le). Sommet de la Sainte Baume, point culminant de la commune ; proche de la Croix des Béguines, 1148m. Joug, racine GuG, Y—K, lat.> jugum, crête, sommet d’une montagne. Aigle, racine p-i-e K--R, pierre, lat. acus > aqui, oc. agulha, aiguille. Attraction possible de aqua, eau.

 

L- M - N 

                                                  

SourireLac (le). Appellation locale, grand fangàs (bourbier, syn. de pautàs), à proximité du Charnier de Signes (cf. Grand Seuil). Creux, sur fond argileux, qui se remplit par temps de pluies abondantes.

Latay (le).sources, torrent. Affluent du Gapeau. Le Latay, qui prend sa source au l-d le Latay, a plusieurs sources  sur la commune de Mazaugues, à l’Est de Paneirolle: l’une d’entre elles se trouve à proximité de la ferme de La Table ; oc.> Taula, (notation phonétique « Taoulo »). Il traverse le Plan de Chibron, ainsi que la plaine de Signes où il est canalisé pour se protéger des crues. Villa lattaiara ou Altaiara, 984, Saglietto V. (1936), cartulaire de St-Victor. Rac. p-i-e. -aL- hauteur et -aR, La Lauzière ou Allauzière est une forme dérivée de villa Altaiara. (Cf. ces dénominations).
Le l-d Haut-Latay est une ancienne ferme dont une partie a été transformée en refuge pour randonneurs. Le Petit-Latay est également une ancienne ferme, au Nord de la Lauzière (Uyé des lèques).

Latière. Cf. Collet de Latière.

Launes (les). Grand Plan. Celt. lodena,> oc. lòna), lei lònas. Terrains humides, temporairement inondés. Toponyme que l’on retrouve dans tout l’espace occitan.

Launes/Launnes (les). Lotissement. Le ruisseau des Launes, canalisé, est à sec aujourd’hui. Sa source, à présent disparue, se trouvait à hauteur du l-d le Brise-Charge.

Lauzière (la). l-d, à l’Ouest du village, Haute vallée du Latay. Chapelle.
Thème oronymique : villa altaiara (984), rac. p-i-e aL-T, aR-T. Suf. Lat. aria, arium. (Cf. Alauzière, 1778). Nom répandu dans tout l'espace occitan. Rac. pré-lat. loza>, celt. lousa>, oc. lausa. Pierre plate de toiture et de dallage.

Lavene. (cf. Gorges de Lavène). Au Nord-Ouest de Châteauvieux. (cf. Avena, source, TdF).

Lébrière (la). Proche de l’Abime des Morts. Sur le plateau de Siou Blanc. (oc. la lebre), le lièvre, terrier : faux ami. Colla del Lebrer, (1177). La proximité du mot latin leporem, lièvre, entre en concurrence avec la racine p-i-e -L-P, suf. lat. aria, arium, désignant une lauze, un rocher. Ce dernier sens nous semble seul recevable. Mais un « clapàs » (tas de pierres) peut servir de terrier… (cf. supra  « Col de Lebrier »).

Léproserie (la). A Mau Segur. Il s’agit d’une ancienne léproserie (1587). (Cf. Infirmerie).

Lèques (les). Bas vallon du Latay, à proximité du Clos des Bécasses. Rac.p-i-e. –L--K, pierre plate, rocher. Le Vallon de l’Uyé des Leques. (ensarriade qui s’écoule en direction du Latay).

Limate (Domaine de la). Grand plateau qui domine au Sud la Plaine de Signes. Racine celtique limo, boue, lieu humide (Mistral, Rostaing, Ribot). Le suffixe -ate est pré-celtique et a été repris ensuite par les Gaulois (cf. Fabre et Baylon, opus cité, p 117). Synon. > oc. sanhiera/sagniero, negador/negadou. Ferme de la Limate, un des Haut-lieux de la résistance sous l’occupation nazie. Résistants fusillés (2 janvier 1944). Site : www.var39-45/lieux/ouest/signes.php

SourireLongue viste. Microtoponyme. Francisation de l’oc. lònga vista, longue vue : voie ouverte, rectiligne, entre Lauzière et Bastide Basse, sur une longueur d’environ 500m.

Lourme. Pons de Lourme, 1778, au Sud du Puits des Crottes (cité par RH). Cf. Ourme, Orme.

Lubac. Notation phonétique, XVIIIe siècle. Cf. Hubac, Ubac, Uba.

Lucrèce (la). Ferme et Jas, proche des Aiguilles de Valbelle. Patronyme. Selon H. Ribot, le toponyme de Lucrèce serait très ancien : on le retrouve à Gémenos, au IIe siècle, « dans l’agglomération secondaire de Saint Jean de Garguier ».

Luegue. Les luegues sont des endroits où se construisaient des charbonnières jusqu’au début du XXe siècle. Du lat. locum > oc. luega, luòga, place, emplacement. La « luegue » est encore le nom connu par les Signois pour désigner une charbonnière, une aire ou une cabane occupée par les charbonniers. Signalons également la période de la « Rusque » (oc. rusca, écorce) au cours de laquelle on enlevait l’écorce du chêne au printemps (oc. desruscatge) pour le tanin (oc. tan). Les enfants et les femmes y participaient également, ce qui nous fait apprécier aujourd’hui le labeur difficile des anciens.

Luegue de Roumias (la). Plateau d’Agnis, au Sud-Ouest de la Verguine. Oc : romegàs, romiàs, roncier.

Luyi. (cf. le vallon de la Luyi). Affluent du Latay, rac.> ozedum, canalisation. Entre les Enfers et le Peru. Cf. L'Oïde à La Seyne-sur-Mer.

Maïgres (Les), Abri des Maïgres (l’). Abri sous roche, aménagé sommairement, vandalisé. Il est situé au Sud du Jas du Mûrier. Plateau d’Agnis. Peintures datées de -3000 ans. D’origine préhistorique, daté de la fin du Néolitique, il a été répertorié par des archéologues (ASER, Association de Sauvegarde de La Roquebrussanne et Maison de l’Archéologie, Le Val/Lo Vau). Ses peintures murales situées dans la bergerie aménagée au cours du XVIIe siècle, représentant des personnages et des quadrupèdes, « sont attribuées à l’art schématique, présent dans le sud-est de la France de la fin du Néolitique jusqu’au début des Ages des Métaux (Ph. Hameau, 1989) … Elles ont été réalisées avec des colorants de teinte orangée, jaune et rose.» (Cf. article de Hafida Tahraoui, Cahier de l’ASER N°11, 1999). Cet ensemble (cf. schéma, chap. IX.5) est composé d’une bergerie, d’une citerne, d’un cabanon, d’un parc à ciel ouvert (cf. vanade, infra) et d’une esplanade Magre, Maïgre, est un patronyme (F. Mistral). On peut aussi faire l’hypothèse que ce toponyme fait état de la maigreur des deux bergers de ce lieu-dit.

Malateste. Tête de la Lauzière, près de la Teste de Masson. Hauteur dont le qualificatif (mal/mau) caractérise un lieu inhospitalier.

Malegorgue, Male Gouargue (la). En rive droite du Gapeau. Sud-Est, plaine de Signes.
Oc. mala gòrga, la mauvaise gorge, le précipice. Malgorgue, Cassini, 1778. Le provençal maritime emploie la diphtongaison : gouargo). (1935, Saglietto V.). Ce dernier définit ce toponyme comme un habitat rural de la période romaine, « Station du Petit Plan »). Cf. gorg, gouargo fourcade.

Maleviste (la). Au Nord-Ouest de la Commune, secteur de la Lauzière. Moderne à contemporain. Adaptation de l’oc. Mala vista, mauvaise vue.

Maramouyé. Plaine et intersections de voies. Commune du Beausset. (cf. Abîme de Maramouyé). La notation phonétique de ce toponyme masque sa composition : l’adjectif mal/mau s’applique a l’amorier, le mûrier (R.H). Seul un cartographe averti pourrait retrouver sa signification. Ce n’est pas le cas des équipes Cassini qui transforment les premières notations connues du XIIIe s. (furquetum de las Monnaies, carrefour de voies) en Régage de Malemourier (1778). Une autre interprétaton est possible : de l'occitan mala molher, mauvaise épouse, sous toute réserve...

Marcan, Marquand (cf. Jas de Marquand).

Mare Caïre (la). Au Sud de la commune, entre l’Abime de Maramouyé et la Barillière. 1- (oc. > mal, mau/mar, mauvais. Caire : mauvais rocher (à rapprocher de cairn, celt., borne, tas de pierres). 2- Se superpose sur une racine p-i-e. – Marr, qui renvoie au thème de rocher, avec la nuance d’éboulis ou de torrent. Redondance entre Caire (rocher plutôt que coin) et Mar(e) lieu rocailleux. Le télescopage est courant dans l’évolution des toponymes soumis à des superpositions de racines linguistiques différentes.

Marin, Les trois Marins. Ce toponyme-anthroponyme est un vocable important que l’on retrouve sur la commune. La base –MaR (cf. supra) renvoie à une hauteur ou à un ancien nom de baptême : Maren, Marin, Marini. Le Clos Marin (cf. aream Marini, 1182), à proximité du Vallon Marseillais, et l’Aven des Trois Marins, au Sud de la Ferme de Siou Blanc, rendent compte de son implantation toponymique. Oc.> marenc. A rapprocher de Maran (chemin de Maran, au Beausset).

SourireMarmotte de Rosa (la). Microtoponyme. Cette dénomination est celle que notent les locaux. Quartier Masseboeuf, sources, cabanon. Proche des sources du Latay, passage d’un gué, sur la droite. Racine oronymique p-i-e. double : MaL-MaR, hauteur, eau ; et M-T, oc. mota/mouto, butte. L’étymologie renvoie à la racine oronymique –rocher-hauteur- avec souvent un écoulement ou une résurgence à sa base.

Marquis. (cf. Ragage du Marquis). Lieu-dit, sur le Plateau d’Agnis, avec patronyme francisé issu de l'occitan marqués. C’est à l’origine l’idée de Marche, de limite entre deux espaces de pouvoir (Francs et Wisigoths, pas ex.) qui apparaît et dont l’étymologie est germanique (marka, mark, frontière). Terme attesté comme noms de familles bien implantés depuis le Moyen Age. (J. Astor- Dictionnaire des noms de familles et de lieux du Midi de la France). J. Astor distingue le caractère honorifique de Marquès, (stigmatisant souvent l’orgueil et l’arrogance du rang) et le sens ironique attribué comme sobriquet à une personne).

Marripas, lieu-dit proche de Cancerilles. Oc. marrit pas, mauvais passage

Marron, Marrou. (cf. Jas de Marrou). Patronyme.

Marseillais. Cf. Vallon marseillais.

Marseillaise (la). Pente à l’extrême Est de la commune, à l’adrech et au pied du Bauç de Seren. En limite de Méounes, parc de loisirs. Le site de la Marseillaise comprend deux abris, avec figures dans le premier, figures et projection de peinture dans le deuxième. Deux enclos de pierres sèches, adossés à un surplomb rocheux, témoignent d’un usage pastoral (Philippe Hameau : Sites préhistoriques du Massif d’Agnis, Cahier de l’ASER, N° 17. 2011).

Martelle (la). Au Nord-Ouest du village, en rive droite du Raby. Peut renvoyer à un patronyme, Martel, lui-même issu d’un ancien nom de métier.

Mas Fa Rena - Plateau d’Agnis, en limite de la commune de Mazaugues.
Jeu de mot sur le “Mas “(la ferme) avec détournement du sens oc. M'as fach renar, “Tu m'as fait râler”. Récent.

Massebeuf, Vallon de Masseboeuf. Lieu-dit, à proximité des sources du Haut-Latay. oc. massabuòu, littéralement «abatteur de boeuf». Francisation d’un nom de métier, alors que le terme occitan maselier existe (cl), méconnu des cartographes et n'est plus employé couramment pour désigner le boucher (terme tardif, 1845, 1864, Vallon de Masseboeuf). Peut également être un sobriquet ou un patronyme (gasc.) En Provence, signalons la carriero/plaço dóu Masèu à Marseille et Orange (FM-TdF). Le toponyme Matabiau (oc. matabuòus, du v. matar : tuer, abattre, mater) sur l’emplacement de la gare de Toulouse, rappelle cet usage et ce sens. Autres synomymes occitans : adobador, tuador, tombador. Même étymologie : Matador (v. matar).

Masson. Cf. Tête de Masson. Patronyme.

Matheron. Hauteur, en limite de Solliès-Toucas. Castellum Mataronis, 1137. Matheron, Mataron, Matharon, diminutif de Mathurin. Nom de famille signoise. (cf. Trou de Matheron).

Maulnes (les). Les Maulnes, pente, bergerie au pied de la Sainte-Baume. Même racine que Méounes. Rac. pré-indo-européenne -MeL. Cf. Amolna (984), Molna (1060), Mouna (1230), Meaune (1778), Molnes (1904), Maulnes (1987). (Cf. Amolna).

Mauregoun. Au Nord du Charnier de Signes et de Croquefigue. -M--l et –R—k, racines oronymiques préceltiques (cf. montagne de Regagnas (BdR), hauteur au Nord de la Ste-Baume + suffixe on, diminutif oc. /ou double suffixe -ac-on (cf. Salagon). Mauregoun. oc. préfixe -mal/mau, dépréciatif, et racine -Rek. Dérivés : regon, regolon, diminutif de rocher. Maurejan est peut-être une déformation retenue par les locaux.

Maurier, Mouriès. Cf. Jas du Mûrier.

Mauregoun. Peut être un dérivé de Maurigue (cf. infra)


Maurigue (la). Pente escarpée aboutissant à un vallon proche de Molne/Maulne. On peut faire l’hypothèse que le préfixe mal/mau en provençal se superpose au thème oronymique préceltique –M--l et –R--k. H. Ribot fait l’hypothèse d’un gentilice, Mauranicus.

SourireMau Ségu. Lieu-dit, situé à l’extrémité Est du chemin des Launes. Lieu considéré comme peu sûr pour la santé (ancien lieu de mise en quarantaine sanitaire) Oc.> Mau segur. Lieu « peu sûr» (+ préfixe provençal mal/mau). Oc. segur, sûr. A proximité de L’Infirmerie, ancienne léproserie dont il reste des murs démantelés.

Mau Vallon. Commune de Mazaugues. La Gorgue de Mau Vallon est située au Nord de Château Panier. Source qui alimente la ferme de Paneirolles.

Mazaugues. Domaine de Matusius, anthroponyme latin. Toponyme « sentinelle », repère toponymique important qui jouxte la commune de Signes, avec Meynarguettes. La commune de Meynarguettes a été rattachée à celle de Mazaugues en 1839 ; en contrepartie, le territoire de Taillane l’a été à la commune de Signes.

Meynarguette. Ancien château et commune détruits à partir du 15e siècle, surplombant la commune de Signes. Colonisation romaine, domaine de Marianus (R. Ch., Essai sur la toponymie de la Provence, 1950). Ce dernier note que « le suffixe latin -an(u) + -icus s’ajoute à un nom de personne pour désigner un domaine ». Le sens supposé, « aigo », eau,  auquel on veut souvent accoler ce toponyme est un contre-sens étymologique. Nous retrouvons en Provence des toponymes semblables (Mazargues -quartier de Marseille-, Meyrargues, Vauvenargues…) ; mais c’est surtout en Languedoc que ces noms de domaines ont donné naissance à des communes ayant le même suffixe (Aimargues, Gallargues, Vendargues...). Commune rattachée à Mazaugues en 1839. L’histoire de la commune est consultable sur : www.meynarguette ou www.meynarguette.free.fr

SourireMéoufe (la). Microtoponyme. Entre Cabanet et Faverole. Maison et puits en bordure de route. Origine incertaine. Sobriquet, patronyme?

Meounes. Commune sentinelle, ayant des toponymes communs. Racines p-i-e. communes avec Meaulnes, -M--L., -MeL, hauteur. (Rostaing. Ch., 1950). de Molna (1060), castri de Meuna (1359), Rostaing. Ch, 1950. Méuno, (TdF, Mistral).

Monaud. A l’Ouest de la Quille du Midi. « Samble des Planiers ou Monaud », Boyer, 1980.

Mont Mimate (le). Sud-Est du Signal de Jas de Laure. Monts de Limattes, Cassini, carte 1778. La variation des notations nous renvoie à des interprétations du toponyme Limate (cf. Limate et chap. II, 6. sur les notations à fonction diglossique).

Mont du Cros de Braquetty (le). 1778. Au Nord du Cros de Braquetty  (cf. Cros de Braquetty).

Mont de Piceau. (cf. Peicau). Carte Cassini, 1778. Exemple de diglossie à répétition des équipes Cassini qui ignorent la langue d’Oc (cf. Chap. IV.2 sur les oronymes).

Montrieux-le-Vieux et Montrieux-le-Jeune. Commune de Méounes. La relation avec le latin monasterium, petit monastère (SV.) est un faux ami. Etymologie latine mons, mont, montagne et oc. riu, ruisseau. montis rivi (1146)-(RH.). Chartreuse à Montrieux-le-Jeune.

Moulin (Vieux Moulin). Moulin en rive droite du Raby, en amont du village. Les Moulins, 1778, Cassini.

Moulin du Gapeau (le), dit « Moulin d'Arnaud », 1778. Vallée du Gapeau, à l’Est de Beaupré. Foulon. (Patronyme signois, l’Indicateur du Var signale un horloger ayant aussi ce nom, 1898). Les patronymes Trotobas et L. David sont relevés comme exploitants de moulins à huile.

Mounoï. Lieu habité par des moines (ruines), proche du Charnier. Ferme. Grotte, habitat préhistorique sur le sommet de la colline. Du bas-lat. monacus-, oc. monergue, monegue, monge, morgue. Evolution du provençal maritime, élision des consonnes.

Vieux Mounoï, au Nord du Mounoï, ferme sur une hauteur. Cf. Vallon des Martyrs.

Mourailles (les). A proximité de Colle Vieille. Racine p-i-e. Mür; lat. mura. Vestiges de murs.

Mourre. Lat. Murrex. Bas latin. morrnum, morsum. Oc. morre ; morres, morret, mourré… Museau, visage; colline rocheuse. (Cf. Agnis, Mourre d’Agnis).

SourireMourrejean (la plaine de). Proche de Croquefigue. La cacographie avec Mauregoun semble plausible pour les locaux. Cf. supra.

Mourres dels Bancs. Défends de Méounes. Bastide les Bancs, ferme au Nord de Montrieux.

Mourven (le). Ancien jas. En limite de Riboux, au Sud de Crispin. Le Vieux Mourven, Saglietto V. 1935. (cf. Piercède). Genévrier de Phénicie. (Cf. Chap.V.1).

Mourvenquière (la). L-d, endroit où poussent les genévriers de Phénicie. Au Nord de Mourven. En limite de Riboux. Suf. lat. aria, arium > oc. ier, iera.

Negador/Negadou, Negadis. Oc. v. negar, noyer, inonder. Negadis : terre submergée, inondée. Ce toponyme désigne des champs sujets à inondation (« negadou », de negar, noyer ; oc. negador, negatèu, terrain inondable).

SourireNegadis (Cf. Cros Negadis). Plateau d’Agnis, entre la Verguine et la ferme d’Agnis. L’occitan negadis est conservé : terrain inondable. Ce microtoponyme, negadis, se retrouve également ailleurs sur le territoire communal.

Notre-Dame des Anges (cf. Croix de Taillane).

 

O - P

 

Oppidum de Château-Panier. Cf. Château-Panier. Oc. Castèu Panier.

Oratoire(s). (cf. Chap. X, les Hagiotoponymes).

Oume, Ourme. Lat. ulmus, l’orme. Ch. Rostaing, se réfère à Ehrhart pour rattacher ce terme au celtique limo, lieu humide, boue, (cf. negador, negadis). Cf. Limate, le Puits de l’Oume et le Cros de l’Oumé. Cf. également Pons de l’Ourme, pont situé au Nord de la Lucrèce.

Paillette (la). Cf. Tête de la Paillette.

Palan (cf. Aven du). Au Nord-Est de la Bergerie de Siou Blanc. Racine oronymique p-i-e -PaL. Toponyme à rapprocher de la Paillette, La Paillasse. Peut avoir ici le sens d’appareil de levage.

Paneirolle. (Panerole, 1778 ; Paneyrolle, Paneiroles. Toponyme repère. Au Nord de la ferme du Latay, commune de Mazaugues. Base oronymique p-i-e. – PaN, avec double suffixe oc. airòl, airòla.

Panier. Cf. Castèu Panier.

Panouse (la). A l’Est de la Roudelière. Anthroponyme (Jean Panouse) relevé dans un acte (1595). Nom de famille provençale. Du latin panus, graminée, épi à panicule (ex. panisse). Nombreux lieux-dits (Aveyron, Corrèze, Hérault, Lozère, Marseille...), soulignant l'abondance ou le caractère laudatif du lieu (Astor. J).

Paradis. (Cf. Coteau de Paradis). Endroit bien exposé, reposoir. Oc. pausador. Extrémité Est de la Chaîne de la Sainte-Baume. La référence religieuse de Paradis peut se juxtaposer à l’étymon.

Parriguet. (cf. Clos de Parriguet, Cros de Parriguet).

Paruns de Meaulne/ Molne. Paluns de Molna. Paluns, lieux humides, bas-fonds. Vers Trebuquet. (Cf. supra, racine de Molne : Meaulnes, Méounes). Noté Paruns de Meaune par Cassini. Maintien du son r, plus ancien, alors que l’évolution phonétique de la consonne r entre deux voyelles tend aujourd’ui vers le l. Phénomène phonétique de palatalisation* que l’on retrouve également entre molon/moron (phon. mouloun/mouroun). Paruns renvoie donc à paluns.

Pas. Lat. passus, passum, pas, passage, col.

Pas de l’Aï, Pas de l’Ase, Pas de l’Ane (le). Passage, proche de Paradis. Passage de la crête de la Sainte-Baume entre les deux versants.
SourirePas de l’Aï : le nom occitan, dans sa forme provençale maritime, est retenu par les locaux. Il s’agit d’une racine oronymique--aI, pierre, hauteur, qui a subi l’attraction du provençal maritime aï/ase, l’âne… Bel exemple de faux ami par attraction paronymique.*

Pas de la Cabre. Chaîne de la Sainte Baume. Commune de Riboux. Appelé également Col de Saint Pilon. Si la cabra/o en provençal est bien la chèvre, il y a superposition de ce sens sur une racine pré-indo-européenne -KaB, hauteur qui est la racine étymologique. Encore un faux ami.

Patec. Terme notarial (1830) qui désigne un pré, un pacage (cf. Pracabat).

SourirePavon (le). l-d de l’Ubac de Gaget. Au Sud de la Billonne. Citerne du Pavon. Patronyme ou sobriquet supposés. 

Pédimbert. Oc. Pèi d’Imbèrt, le Puy d'Imbert. Dénomination d'une élévation par un patronyme -ou inversement- d'origine germanique (cf. chap. IX, 3). Patronyme signois, un tailleur Imbert exerce cette fonction, dans l’Indicateur du Var, 1898).

Pegoulière (la). Quartier de Signes, Colle Vieille. A distinguer du Clos de Pegon.
Du lat. pix, oc. pega, poix et pegola, résine. Oc. pegoliera, suf. lat. aria, arium. Four, fabrique à poix. Four pour extraire la poix (pin ou térébynthe).

SourirePegoulière du Merle (la). Dénomination moderne qui semble caractériser le toponyme précédent.

Pegoun/Pegon. Sobriquet ou patronyme. Cf. Clos de Pegon, entre Cante Cigale et Peicaou.

Penram. (cf. supra, ad penram Formigam). Cette référence médiévale est une racine oronymique p-i-e. ou ligure -Pen -rocher, hauteur-, assez rare dans le répertoire signois identifiable.

Peràs, Perús, Perussa/ Perussier. Oc, Poire/ poirier sauvage (cf. Jas et Cros de Peras).

Perus (le Grand et le Petit Peru). Hauteurs sur le piémont Sud de la Sainte-Baume. Le Petit Péru : Saglietto V. fait l’hypothèse de podium ruptum.
Les Grands Pérus (noté aussi le Grand Péruis). Hauteurs aux formes arrondies. Oronyme. Entre les Maulnes et le Pied de la Colle (vallinem del peras, 1253). Cette étymologie entre en concurrence avec pera, perussa, poire ; perus, perussier, poirier sauvage. Ce toponyme se retrouve également sur la commune du Lavandou (Var).

Petelin. Cf. Samble de Petelin ou de Marcan, 1182.

Petit Latay (le). 1935, SV. (cf. Latay). Haute-Vallée du Latay, ferme rasée, entre Lauzière et sources du Latay.

Petit Plan (le). Partie basse de la Plaine de Signes. (cf. Plan et dérivés, Chap.II.4).

Peycaou/Peicau/Pecau. A l’Est de la carrière de Croquefigue. Lat. podium ; oc. pueg, puech, pioch, puei, pei, pé, pi, pié ; pied… Puits, pierre, hauteur... On peut retenir le sens de hauteur, même s'il fait redondance avec « cau », transcrit phonétiquement caou. Mais nous sommes en présence du thème oronymique p-i-e. –KaB, rocher, hauteur. Plutôt que de l'identifier à l’oc. caud (chaud), ou à cauç (la chaux), le contexte tranche pour cette origine oronymique. La racine celtique rito, reprise en latin, vado, au sens de passage (ex : les Gaous des Ambiers, alternance caou/gaou), pourrait être à l'origine de la transcription caou. C'est bien un exemple de relief oronymique propre au pays signois. Noté par Cassini Mont de Piceau, puis Peicau, cette dernière notation est plus près de l’étymologie oronymique et rend compte de la toponymie locale.
Cet oronyme trouve de nombreuses variantes jusque dans les Alpes (ex :La Cou, en Dévoluy -HA-, lieu-dit au pied du Col du Noyer).

Pey Crestian. Podium Cristian, 1223, en face de Beaupré. Pey Crestian, 1830. Contrefort de Siou Blanc.

Pied de la Colle (le). Hameau, ferme ; bas de pente de l’Adrech de la Sainte-Baume. Commune de Riboux.

Piercède, Peire-Sède, Peiresède. Pente, à l’Ouest de Croquefigue.
Oc. peira et rac. p-i-e. -SeD, –pierre, hauteur. A rapprocher de Sederon (Vau), avec diminutif. Mais aussi origine lat. seda, segia : siège. La première étymologie devrait être retenue, même si le sens fait doublon.

Pierregaou. Vallon en limite des communes de Riboux, Cuges- (oc. peira) et racine latine, vadum: passage, gué, qui a donné gau (phonét. gaou). A comparer avec le Gaou, com. de Six-Fours (relevé les « Pas du Gaou », au XVIIIe siècle), qui n'a rien à voir avec le Passage du Coq... Mais le cadastre de 1864, nous renvoie au patronyme de Pierre Gal, transformé en toponyme. Nous sommes donc en présence d’un toponyme ayant ici pour origine un nom de famille.

Pigourets (les). Cf. Les Bigourets.

Pin de la Redoute (le). Ce pin était situé sur un mamelon, au Sud de l’intersection du CD2 et du chemin rural de Plan de Chibron. Il est signalé comme toponyme en 1830.

Pipy/Pipi. Chemin des Bas Adrets, anciennement chemin de Pipy. Lat. v. pipare, pépiements d'oiseaux. Lieu-dit à la sortie Est du village. A rapprocher de pipiole, pépiole, pipière. (Chapelle de Pépiole, Six-Fours).

Plaine de Chibron ou Plan de Chibron (1778, dernière référence connue). (cf. Chibron).

Plaine de Romanil. Plan, au Sud-Est de la ferme de Romanil. Oc. romaniu, romarin, plante aromatique méditerraténéenne. A mettre en parallèle avec romi, ronce (Levy E. 1907) : Romegos, 1205-1217. Peut être également un patronyme. *

Plaine de la Draille. En limite de la commune du Beausset. XIIe-XIIIe siècle. Oc. dralha : voie de passage réservée aux troupeaux.

Plaine des Enfers (la). A proximité du Collet de Bastian (cf. Vallon des Enfers, Infern, Infren).

Plaine des Vaches (la). Ce lieu-dit, situé au Nord des Quatre Chemins, est un endroit trop sec pour avoir pu être un pâturage. L’hypopthèse faite par H. Ribot nous semble devoir être retenue : ce terme « vaches » pourrait reposer sur une étymologie proche du germanique wad et du latin vadum, gué, passage.

Plaine du Grand Seuil (la). A l’extrémité Ouest de la commune, le long de la RD2, près du lieu-dit le « Lac ».Côté Charnier de Signes. Deux interprétations se chevauchent: 
1- Déformation de l’oc. suèlh/sueil –plateau, élévation, avec de nombreuses variantes possibles dans l’espace occitan et franco-provençal (suel, sueilles, suèi…). Zone de transition et de passage entre deux vallées ou petites dépressions dont les locaux prennent en compte le caractère hydronymique.
2- Il peut s’agir de la déformation de sambola, racine pré-indo-européenne à valeur hydronymique (petite excavation remplie d’eau), très présente dans le domaine provençal (ex. Suy Blanc, commune de La Gaude, AM) avec de nombreuses variantes dans les territoires varois et signois : sambla, semble, séample, siample, sixample, suéample ; seuil, séou, soil, sueil, sui, suil (RH). Cette évolution a abouti à Sueil Blanc, Seuil Blanc, Séou Blanc (1930) et à Siou Blanc aujourd'hui. Son sens est donc un creux rempli d’eau. Ada Acovitsiòti-Hameau le définit ainsi : « Un suy/suei/sueil est un fond humide mais aussi un suintement le long d’un rocher, tandis qu’une sueyo désigne la fosse à purin(…). (Référence : « Coté colline : pratique et construction de l’espace sylvopastoral en Centre-Var »- Publication Université de Provence, 2005).
Nous distinguerons le sueil du suintement (oc. espilhador, espilladou : cf. ce terme), au risque d’opérer un glissement sémantique et un contournement du mot souche.

Plan de Laigue. Route de Méounes, à l’Ouest de Faverolle. Notation phonétique pour l’aigue/l’aiga, eau.

Plane Barone (la). (Cette appellation a disparu, 1830). A l’Ouest de la Plaine de Chibron. Plane, oc. Plana, plaine, terme qui semble ici être conservé, à moins d’une erreur de transcription. Barone, terme issu de baro pour désigner les contingents germains dans l’armée romaine ; puis germanique baro, avec évolution sémantique : guerrier, homme libre (Francs). En Occitan, bar, baron, homme de qualité (AJ.).

Planier. Samble de Planiers ou de Monaud, XIIe siècle. Fond de vallée, à l’Ouest de la Quille du Midi. Suf. lat. arium, aria.> oc. ier, iera.

Plateau de la Solitude (le). Lieu-dit en limite d’Evenos, couvert de feuillus. Plani de Folis, XIIe siècle.

Plateau de Siou Blanc. Déformation de l’oc. sambla. (orig. p-i-e. sambola). Trou d'eau. Imposant plateau qui domine la commune et s’étend, par étages, jusqu’aux communes environnantes. Le sens de seuil se superpose à une origine hydronimique.

Plateau –ou Plaine- de Tillet. Plateau. A la pointe Ouest du Massif d’Agnis. (oc. telh, teil, tilh (lat. tilium): diminutif). Loin d’y voir des tilleuls, ce sont des chênes blancs, des pins sylvestres et des genévriers qui poussent sur ce plateau. Patronyme provençal, sobriquet, qui à l’origine a pu être compris comme une propriété possédant des tilleuls.

Plâtre (Usine à). Rive droite du Raby, en amont de la commune. (cf. les Gypières). La Fabrique.

Plauques (les). (Ouest) Planque, planques. Au bas du vallon des Croupatières. Mistral voit dans ce terme (plaucas/plauco) un terrain boueux et humide. Le lieu ne se prête pourtant pas à cette interprétation. On peut faire l’hypothèse que c’est sans doute le passage orthographique du u au n (plauca/planca) par les équipiers des Cassini qui brouille la signification et l’usage du toponyme initial : (oc. planca), planche, passerelle. Ici sens de passage. Plauque (Cassini 1778, la Plauque). Le terme de planca/planche se retrouve dans tout le domaine occitan. C’est l’idée de pas, de passage, qui doit être retenue. L'article pluriel qui vient se surajouter tardivement en Provence, sous l’influence du français devant un nom, définit une famille localisée dans un espace reconnu par la communauté. Planque, patronyme méridional.

Podium Cigotos. (cf. Cante Cigale).

Pointe de Vidal (la). 1830. Commune d’Evenos. Tour de Vidal, 1871. Faissa de Videu, 1182 ; Castellas Vidau, SV., Le Turben, 1982.

Poljé. Terme géographique slave (prononcer polié). Plaine d’effondrement de plus ou moins grande taille, qui peut être sujette à inondation (cf. Lexique). La plaine de Signes (le Grand Plan) comme celle de Cuges sont des poljés. Elles ne sont pas sujettes à inondation, ayant des exutoires naturels. (cf. lexique et Internet pour plus de précision sur ce concept : www.polje).

Ponchin. Ferme, au Nord du Baou de Serein. Cf. Vallon de Ponchin. Patronyme, nom de famille provençal (Pons, Poncy, Ponchin), TdF.

Pont de Chibron (le). Le pont se trouve en bordure de la nouvelle route (1855) conduisant au village. L’ancien chemin, dit de la « Reine Jeanne » descendait en rive droite du Latay en direction de la chapelle de N.D La Proche. La Redoute de Chibron, Ancienne Redoute, 1778, carte Cassini. Cf. également Chibron et Ferme de Chibron.

Pont du Diable (le), Trou du Diable (le). Ancien pont/ aqueduc qui enjambe le Latay et dont deux piles sont encore visibles. Cascade remarquable en saison. Près des sources du Latay. C’est au Moyen Age que le nom du « Diable » apparaît. (ex. le Vallon du Diable à Ceyreste). Commune de Mazaugues.

Pont du Riche (le). Pont sur le Latay, au terme du chemin du Petit Plan, avant le chemin de la Mallegorgue.

Pontillon (le). Lat. pons, pontis, pont ; oc. pontilh. Dim. pontilhon, petit pont (connu localement sous le vocable phonétique de Pountillaou). Ce pont est situé sur le ruisseau des Launes, à l’Ouest de la source du Gapeau.

SourirePoste Neuf (le). Ce microtoponyme est un point repère. Terme et poste de chasse connu des locaux (Il y en a des dizaines sur la commune). En bordure du plateau de la Limate.

Pourraque (la). Poderac, 1173, Podaraca, 1182, Campum de pozaraca, 1187, limite de Montrieux, entre Roca de Asdre et le ruisseau de Cancerilles, sous Roca de Ultimo/Ulmo. (cité par RH.). Rac. lat. puteus, puits, lieu humide. On doit rapprocher cet hydronyme de l’oc. posa-raca (noria) ; on rejoint alors la référence occitane de 1187.

Pous, du lat. puteus, oc. potz, puits, dim. posset/pousset et posson/poussoun (à distinguer du latin podium, « petite éminence », terme employé dans la période médiévale). Toponyme bien représenté sur le territoire de Signes et dans les communes voisines.

Pou de Vèze (le), ou Tête de la Commune. Au Nord-Est du Puits d’Envès. La notation cartographique de l’armée le reprend comme un dérivé de puteus, puits, après des références plus anciennes : Ad puteum de Vez (1123), Al pozet d’Auriol, XIIe siècle, Clapier de Veze (1543), Puits Devèze (1778). Malgré les notations anciennes qui font référence à puteus, c’est de podium, éminence, qu’est dérivé Pou.
Vez, ves-, avès, avèze, est un dérivé du latin defensa, puis de l’ancien occitan devesa, terrain réservé (CB-PF) ; a donné l’ancien français defens (terrain seigneurial ou communal sur lequel il est interdit de laisser paître les troupeaux).

Poussons (les), Clos de Bois Poussons. Au nord du Jas de Marquand. Hypothèse : oc. potz, diminutif poson (phon. pousoun). Lat. puteus, puits. Petits trous d’eau alimentés par quelques écoulements, de profondeur variable. Phénomènes géologiques propres à la nature argileuse des sols. Mais l'étymologie renvoierait plutôt à possa (phon. pousso), mamelle, avec l'idée de boire pour les animaux. Pousson est un toponyme prolifique (ex. Poussons de La Paillette »), nous ne pouvons tous les nommer. On le retrouve, comme le toponyme samble, dans tout le Var et notamment dans l’Ouest varois.

Pracabat. Pavillon. Grand Plan. Oc. prat cabat (acabat?): pré «achevé», c'est-à-dire fermé, enclos? Noté précabat (1864) ; lieu de pacage public réservé aux troupeaux (cf. patec, document notarial, 1830). De l’occitan pategue, pâtis, terrain de parcours. J cf. Lieu-dit Le Pavillon, Bourdon (cf. ce toponyme).

Puits/Puy Corbier (cf. Croupatière, Cassini). Al puei corbier, XIIe-XIIIe siècles (Boyer R.) .

Puits Neuf (le). Cassini. Cf. Clos de Peiron.

Puits de Chaurin (le). Au Sud de la carrière de Chibron. Exposition à l’Ubac, pente, bergerie plus loin. Patronyme qui peut s’être formé sur l’oc.v. chaurir, flétrir.

Puits de Fam (le). Entre le Clos de Parriguet et la Colle de Fède. Oc. fam : la faim. Il ne s’agit pas du « puits de la faim » mais du Puits de Defan, 1778 : cacographie pour « defens», devenu successivement : De fan, De fam. Terrain préservé, réserve communautaire (territoire de chasse ou travaillé). Du lat. v. defendere ; defensus, participe passé. Il est possible que la notation Puits de Faou (le), (oc. fau, hêtre), soit une attraction du toponyme Puits de Fam entraînant une déformation phonétique. L’hypothèse du hêtre ne peut être retenue en raison d’un climat sec au Sud de la Sainte Baume. Cet arbre participe de la forêt relique située sur le versant Nord de ce massif (cf. Defend, Deffends).

Sourire Puits de l’Eau Blanche (le). Au Sud de Limate.

Puits d’Encastre (le). En limite de la commune du Beausset. (Cf. lotissements Bois Soleil).
Oc. v. encastrar : encastrer, enclaver). Puits, ferme. Plan entouré de collines, parc à ovins. L'hypothèse hâtive « Entre castrum » (SV) ne peut être retenue. Pous Dencastre (Cassini, 1778).

Puits d’Envès (le). Puits et ferme, à proximité de la Tête de l’Evêque. Oc. envèrs : le revers, l’autre face d’une pente : l’autre côté de la montagne.

Puits de Limate. Signal de Limate (le). H. Ribot y voit une racine commune avec l’orme (l’oume). Une autre interprétation est suggérée : lat. limes, frontière ? Nous nous en tenons à l’étymologie issue de limo, boue, endroit humide. > oc. lima, vase, limon. (cf. la Limate, Domaine de). Appelé aussi Puits de la Commune ou Puits de Signes, au Sud de la ferme de Limatte.

Puits de l’Oumé. Au Sud du Puits de Fam. Oc. Oùme, Ourme : l’Orme. Vallon et puits. A distinguer du Puits des Crottes.1778 (cf. ce dernier toponyme). Racine gauloise limo, qui nous renvoie également à Limate (cf. supra Cros de l’Oumé et l’Oumé), Puits des Grottes (1778). A rapprocher de la Baume des Lumes (Solliès-Toucas). Deux hypothèses sont possibles : celle de l’orme (oc. l’oùme) et celle de l’oc. lo lum, la lumière, ou de lam, éclair, foudre : oc. v. lampar, briller avec fulgurance.

Puits de Signes (ou Puits dit de la Commune). (cf puits de Limatte).

Puits de la Tombe (le), vers les Maulnes. Ancienne tombe.

Puits des Crottes/Crotes (le). A proximité du Clos de Parriguet. L’alternance c/g fait que nous retrouvons avec les Cassini ce toponyme, noté indifféremment en 1778, Grottes ou Crottes. A la racine p-i-e K--R, base K-R, correspond GR (R. Ch) Elle est à l’origine d’un nombre important de toponymes oronymiques. Antérieurement, Puits de l’Oume. Puits du Poirier (le). Dans un vallon, au Sud du jas de Marquand.

Puy (le Grand). Chaînon entre Valbelle et Montrieux. Commune de Méounes. Du latin podium, élévation. Formation médiévale.
« Quand Montriu a lo capèu e la Santa Bauma lo mantèu, pren ta capa e vai-t-en lèu ».
(Quand Montrieux met son chapeau et la Sainte-Baume son manteau, prends ta cape et va-t-en vite.). Tradition orale sur le temps en montagne, aux nombreuses variantes selon les lieux exprimés).

 

Q - R

 

Quatre chemins (les) - Sourire Quatre camins (lei). Croisement de la route forestière de Signes vers Solliès-Toucas et du chemin du Puits d’Encastre vers la Limate.

Quatre confronts (les). Limite de la commune avec celles d’Evenos, le Revest, Solliès-Toucas.

Queue de Sartan (la). Zone d’activités au Sud du Clos Marin. Oc. Còa de Sartan, la queue de la poêle. Mais aussi sens de sorcière. Allusion à l’histoire locale ou configution du lieu-dit? Origine p-i-e -K—R, rocher, hauteur, clapier.

SourireQueue de Sartan (la). Les Signois notent un autre microtoponyme, distinct du précédent, situé à proximité de Cancerilles. Ce toponyme qui ne figure plus aujourd’hui sur les cartes est pourtant relevé en 1830.

Quille du Midi (la). Au Sud de la Barillière. Base pré-indo-européenne -K-G. A rapprocher de Cuque, Cuges, racine K-L : Cul… Hauteur avec nuance de rondeur (cf. Cul de Peiron).

Raby (le), Pont de Raby, Vallon du Raby. Torrent qui traverse Signes, affluent du Latay. Deux étymologies sont possibles : l'une issue du latin rapidus, l'autre de l'oc. ràbia, la rage; terme qui rappelle les débords dévastateurs (XVIe siècle) de ce torrent au régime méditerranéen. Les deux interprétations confirment la soudaineté des événements climatiques. V. Saglietto voit dans Figaret l’ancien nom du Raby (avant 1585). Quand il traverse le village, il prend le nom de « Grand Ruisseau » pour les Signois.

Ragage, Regage, Ragas. Terme générique. Oc. raga, ragatge, regatge: anfractuosité, cavité karstique (cf. aven).

Ragage de Brugedor. (XIIe siècle). Aven, proche du Jas de Laure. Cet ancien toponyme signois indique un endroit où pousse la bruyère (oc. brusc, petite bruyère ; bruguiera, brossiera, champ de bruyère).

Ragage de Gavot. Commune d’Evenos.(aven) ; gavot, oc. gavòt, bas-lat. gavotus, 12e siècle. (Boyer, 1982). Nom à valeur péjorative (rustre), habitant des montagnes retirées.

Ragage des Morts. (cf. Abîme des Morts).

Ragage du Marquis. A côté du Jas du Mûrier. Ferme et bergerie. On peut regretter que cet aven serve de dépotoir sauvage (cf. Marquis).

Ragage du Signoret (cf. Garagalh/Garagaï du Signoret).

Ragueneau Frédéric (de), dont le sobriquet « Reganèu » rappelle pour les locaux le nom d’un arbuste épineux ou celui du chêne kermès pourvu de feuilles pointues. Evêque de Marseille, il joua un rôle répressif à Signes contre le camp protestant pendant les guerres de religion. Cette réaction contre l’évêque se trouva renforcée par un désaccord avec la commune sur un prélèvement royal dont devait s’acquitter la commune et les conséquences qui en résultaient pour les habitants. Un certain nombre de consuls signois furent emprisonnés. Il fut assassiné le 16 septembre 1603 par deux opposants, Claude Bausset et François Almaric, avec la complicité d’une grande partie de la population. Ces derniers furent condamnés et exécutés. La commune dut payer une somme importante aux parents du défunt et au roi. Elle fut obligée de célébrer une messe expiatoire chaque vendredi et de mettre en place une plaque dans l’église. Ce que l’administration communale refusa jusqu’en 1611. Cette mesure fut remplacée en 1646 par une pension annuelle en faveur de l’hôpital de Marseille (S.V- p 80-90). Aujourd’hui encore, en souvenir de cet événement, la tradition signoise fait passer les cortèges funèbres par la place du Marché avant de se rendre à l’Eglise Saint-Pierre.

Rampine (la). Lieu-dit situé à l’Est de la Roudelière. Cognomen: grogneur. Oc. v. rampinejar : grogner, grommeler (HR). Nom de famille provençale (TdF). . Ainsi, nous pouvons rappeler La Rampe (Loz.), sur terrain en pente, escaliers, ce qui est ici le cas. Rampine, diminutif. A rapprocher de Reppe. Hydronyme, également sur terrain en pente. (cf. Vallat des Launes). Mais aussi patronyme à rapprocher de la Grotte des Rampins (Méounes).

Rasse. (Cf. Rescasset).

Raton. Noté Ratton en 1864. Hauteur. Ensemble d’habitations récentes à la sortie Ouest du village. Surnom ou patronyme supposé de personne. La racine -ratt est aussi une racine oronymique qui traduit bien ici le sens d’une pente et de rochers érodés. Notons le Signal du Collet de Ratton (1830).

Ravin du Saint-Trou. Aven, près de Siou Blanc. Castellum Bucca Unche, 1156 ; Bouche Ointe. Bouche, trou, puits se succèdent avec un sens similaire dans la toponymie provençale, notamment maritime.

Reboul (Fontaine de). Une des limites de Signes-Barrairenc (cf. Barrairenc). XVIIIe siècle. La Fontaine est une ancienne adduction d’eau. Reboul est un patronyme provençal ou un sobriquet (homme courtaud). C’est le nom de familles signoises que l’on retrouve dans les métiers de la commune (Boulangers, bouchers, fourragers et un président de l’Orphéon municipal. L’Indicateur du Var, 1898).

Recoux, Recou, Roucou. Cf. Cros de Recoux.

Redoute (la) du Pont de Chibron, Ancienne Redoute. Ruines d'une tour de garde envahie par la végétation, en début de la piste à incendie et du CD2 du Plan de Chibron. Sourire (cf. Pin de la Redoute (le).

Reine Jeanne (Chemin de la). Ancienne voie de Signes à la Ciotat (« Chemin de la Reine Jeanne ») passait par Notre Dame de la Proche. Hypothèse de l’ancienne voie romaine. (Mistral note que les voies ainsi nommées sont souvent d’anciennes voies romaines).

Rescasset. Rac. -p-i-e. -R, base oronymique R-ass-. Secteur de Croquefigue et Clos Marin : nouveau rond-point de la zone d’activités. Dim. de rescas, hauteur. Peut être rapproché du patronyme oc. Rasse (Saint Jeannet, A-M).

Retenal (le), Retenaou (le). Au Sud de la ferme de Siou Blanc. Egalement, toponyme de même nom, au Sud de Montrieux-le-Vieux. Oc. Retenedor, ce qui retient. Barrière, clôture (TdF-Mistral). Origine médiévale.

Rey (cf. Faïsse de Rey). Patronyme.

Riboux. Village en limite départementale. Origine pré-indo-européenne, rac. RiP- et RuP-: hauteur, rocher, que le latin a transcrit rupes. Ribols, 984. Autres mots dérivés : lat. rivi, (bords de rivière). Cf. Reppe (la), Ripelle (la).

Rigaudelles (les). Limate. (german. ric / waldan, puissant/gouverner), RH. Nom: Rigaud, diminutif Rigaudel. Toponyme représenté par le nom de cette famille. Carte Cassini, 1778. Ce nom ethnique ne peut être confondu avec lo rigau (le rouge gorge), comme c’est souvent le cas...

Roca troca- Rocca trocca, roche trouée. Lieu-dit en limite de la commune d’Evenos. Toponyme dont les notations varient selon la maîtrise de la langue d‘Oc. Roucas Traouca ou Roucas Trouca. De l’oc. rocàs traucat, gros rocher troué. Au Sud des Cuillerets. Noté Al Quier de Dozon (1240), ce toponyme ancien retrouve ici sa racine p-i-e K--R. rocher, hauteur.

Roumias. Cf. Luegue de Roumias. Oc. romiàs, roncier.

Romanil/Roumanil. (Métairie de). Au Sud de Meaulnes. Oc. romaniu, romarin. Noté Romegos, 1205 et 1217, terrain envahi par les ronces. Les Signois prononcent Roumanieu.

Roudelière (la). Maison bourgeoise en bas de pente, en bordure du chemin des Lones/Launes.(oc. v. rodetlar : rouler). Suf. lat. aria, arium. Identifié au XIXe en Roudelpeire, -Roulepierre (document de propriété Peyron). Lieu humide (cf. La Gaude). Lieu-dit où habite la famille de notre regretté Victorin Rebufat.

 

S

 

Sabatier. Noté également Sabattier, 1830. Patronyme signois (cf. Clos de Sabatier).

Sablier (le). 1884. Proche de Cancérilles. Terrain sableux. Ce toponyme se retrouve également en d’autres lieux de la commune (à proximité de Maulnes).

Saint-Michel (oratoire). Il est situé sur le chemin du Petit Plan, en bordure de la section cadastrale dite « Sammiguier ». Cf. ch. X, les hagiotoponymes.

Sainte-Baume (la). (Cf. chap.IV-2 et X-2). Ad Sanctam Balmam, 1117. Rac. p-i-e. –BaL. Deux sens se superposent : hauteur, ou/et grotte habitée au pied de la montagne, selon la définition de ce terme. La Sainte-Baume répond surtout à une hauteur qui limite les communes de Riboux et de Signes, point culminant de cette dernière. La Sainte Grotte, but du pèlerinage des croyants, se trouve dans sa partie supérieure (cf. chap. IV.2 et X, 2).

Sainte Croix. Colline à l’Ouest des Plauques, relais TV et croix. Cassini note « Serre de la Croix ». L’oc. serre (m.) désigne un chaînon de collines, ce qui n’est pas ici le cas.

Salle de l’Evêque (la). A proximité de la Tête de l’Evêque. La Salle (all. Der Saal, la salle) est un terme d’origine germanique, rarement conservé sur le territoire de l’Ouest varois, pour désigner une habitation.

Samble, Sambola, Semble. Oc. sambra. Sens premier de trou d’eau, puis lieu humide, fangeux, réservoir ; les paysans, les chasseurs signois le considèrent comme un creux naturel ou artificiel pour les animaux. Racine p-i-e. –SaV/SaB. Microtoponyme très riche qu’on retrouve abondamment dans la commune et au-delà de l’Ouest du Var : séample, siample, sueil, suil, seou… Les cartes anciennes et souvent récentes notent Seuil, prêtant à confusion. L’occitan Suelh, (lang.) indique un passage, un plateau situé sur un relief. L’oc. Suelh, en Provence, est un trou d’eau. Ainsi les équipes Cassini (1778), indiquent-elles Seuil Blanc pour Siou Blanc dans le sens de seuil, passage. Or, l’étymon est bien sambola avec le sens de trou d’eau, mare, lieu favorable à l’épouillage des sangliers ; oc. sambla, sambra.

Samble de Marcan ou du Pételin (la). Sambula Petellini, 1182 ; proche du jas de Marcan. H. Ribot retient également la racine lat. puteus, puits, plutôt que la proximité du pistachier terébinthe (prov. terebenta, petelin) commun dans le Var. Etymologie ouverte.

Samble de Monaud (la). Ou Samble de Planiers. A l’Ouest de la Quille du Midi (cf. Planier).

Samble de Valbelle (la). Sambola Bertrandi de Valbella, XIIe siècle. Au Sud de Montrieux. Samboles de Valbelle, 1543. (cf. Valbelle).

SourireSamble de la Queque (la). Samble sur la Limate dont la dénomination locale « queque » est parodique (M.M). La quica en provençal est l’une des nombreuses appellations du penis : quicòl, bica, bicol, quiqui, chichi, viech- souvent noté phonétiquement « vié » ou « viet ». Au sens propre comme au sens figuré, nous sommes en présence d’une racine oronymique p-i-e. KuK, KuG, KuL. (Cuques, Cuges…). Idem pour Cul de…

SourireSambles du Marrit Temps (les). Sambra, Sambla (nom qu'on retrouve dans l'hexagone, le fleuve Sambre ). Accompagné du provençal marrit temps, mauvais temps. Le substantif samble,/semble, (lat. sambola) est bien représenté sur le territoire signois. Il est également désigné par les locaux, les chasseurs, comme un microtoponyme encore très vivant dans l'Ouest du Var. – Racine pré-indo-européenne. Ces lieux-dits (Sambles du marrit temps) se retrouvent surtout dans les secteurs d’Agnis et de la Limate.

SourireSamble du Tuèi (la), oc. tuèis, l'if. Plateau d’Agnis. Sur la Petite Colle. Spécimen d’ifs (lat. taxus bacata, toxique) situés au Nord et dans les failles, entre des blocs rocheux. On peut également remarquer, au sommet d’une table rocheuse, de nombreuses petites sambles (une grande et des creux d’eau dans la roche).

Sammiguier. Lieu-dit au Sud de la Plaine de Signes. Après enquête auprès de Signois, ce terme permet deux hypothèses : la déformation locale du provençal sambuquier ; oc. sambuc, sureau. L’ancienneté du toponyme (1830) peut laisser place à l’interprétation d’un lieu où les sureaux ont pu pousser ; la deuxième pourrait être la déformation de Sant Miquèu, Saint-Michel. Cette hypothèse semble d’autant plus plausible que l'oratoire Saint-Michel se trouve le long du chemin du Petit Plan, en bordure de l'actuelle section cadastrale Sammiguier.

SourireSandoulan, microtoponyme. Entre Estrangla-gat et Limate. Poste de chasse. Etymologie incertaine.

Sarier (le), rac. pré-indo-européenne -SaL, alternance en provençal avec -SaR : eau, ruisseau. Cf. L’ensarriade des Maulnes. L’Ensarriade, ravine, rigole ; v. ensarriar : raviner. Collecte des eaux de pluie.

Sauvette (la). Au Sud du Grand Puy, commune de Méounes, à l’Ouest de Montrieux-le-Vieux. Lieu encaissé et boisé. Colla de Silveta, 1137. Du lat. silva + suffixe diminutif, > oc. sèuva, forêt.

JSourireServi (la). oc. la sèrvia, la sèrva, réservoir. Ici, canal d‘amenée d’une partie des eaux du Raby et bassin de rétention pour les moulins de Signes (Traverse des moulins). Littéralement, ce qui dessert. Comme dans tous les villages provençaux, un syndicat des arrosants réglait l’alimentation en eau des jardins potagers (samedis et dimanches pour les propriétaires). Le syndicat existe toujours. Ancienne convention entre les évêques de Marseille et la commune de Signes. L’eau en pays méditerranéen, en raison de sa rareté, a toujours été un enjeu et à l’origine de conflits dans nos villages.

SourireLa Siffleuse, l-d, cabanon, près de Crespin, vers Riboux. Référence faite au sifflement de la grive, lieu de chasse.

SIGNES. L’étymologie du toponyme découle du gentilice latin Sinnius, nom du propriétaire romain (suffixe –anum, cf. notre introduction). On ne peut donc suivre les interprétations que V. Saglietto passe en revue, sans pour autant les retenir : « terres bordelières », « croix gravées sur les rochers » par les propriétaires des terres et troupeaux (La Commune de Signes, p.38). Le site initial se construit sur un lieu très ancien, bien antérieur à l’occupation romaine. Les populations ligures, puis celto-ligures, sont à l’origine des castellas (SV). Châteauvieux s’y superpose, en liaison avec la christianisation de la Provence dès les tout premiers siècles de notre ère, sur une hauteur (546m), en rive droite du Raby. V. Saglietto rappelle le don fait par Pons, évêque de Marseille, aux moines de Saint-Victor en 984. Les textes de la période médiévale auxquels il est fait référence (RH) authentifient le toponyme : Castro veteri (1156), in Signa territorio Castri Veteris (1223). Le castel originel se renforce jusqu’au début du XIIIe siècle avec l’édification de Notre-Dame l’Eloignée. Il est vendu par Guillaune et Bertrand de Signes au comte de Provence, Raymond Béranger V. La famille des Signes reconstruit deux ensembles distincts : Signes le Blanc et Signes Barrairencs. Abandon au début du XVe siècle et reconstruction de la chapelle (1506). Réoccupation au XVIe siècle. Destruction après les guerres de religion, 1596. Notre Dame l’Eloignée reste un ermitage au XVIIIe siècle, puis un lieu de pèlerinage.
«Cour d’amour. Castro veteri, 1156/Châteauvieux, ou dans le village édifié au pied de l’ancien castrum. Signa/Sinna fut en Provence un des lieux célèbres de Cour d’amour du XIIe au XIVe siècle (cf. Documents in fine : « Les Cours d’amour – Les Comtesses et châtelaines de Provence ». M. Capfigue, 1868). Dans son étude sur la commune de Signes, V. Saglietto signale (p.61) la confusion possible, faite à partir de la lecture d’un livre terrier communal de 1582, entre la « place d’amout, portail d’amout » et la « place d’amour ». Ce texte mentionne ensuite « place d’abas, portail d’abas ». La place d’amount, en amont du village, ne pouvait se substituer à une « place d’amour ». Seul un lecteur inattentif ou étranger à la langue d’Oc pouvait y voir un sens similaire. Il est donc plus vraissemblable de situer l’existence de cette cour d’amour dans le château médiéval, Castro Veteri, 1156 ; vila viella, 1195. V. Saglietto mentionne aussi, en se référent à Papon (Voyage en Provence), le troubadour Eble de Signes.

Signa lo Blanc - Signes le Blanc. En rive gauche du Raby, église Saint Pierre. Division de la seigneurie en 1221 : Willelmus de Signa filius quondam, Willelmi de Sinna lo Blanc. Victor Saglietto voit dans « Signes-la Blanche », l’influence qu’a pu avoir l’industrie de la laine et des peaux « pour le blanchissage desquelles des tanneries et des fabriques de drap « blancheria, blanchia, blanca » furent installées sur les rives du Raby jusqu’à l’église St Pierre, près de laquelle il y avait encore en 1660, le quartier de « la Blanquerie » sur lequel se trouvait « la clastre ». (La Commune de Signes, p.56). Résultat d’une activité économique florissante, c’est ainsi que figure, dans les textes de donation et d’énumération des biens des seigneurs et des évêques, le nom de Signa Blanca.

Signes Barrairencs - Signa Barrairencs. En rive droite du Raby. Limite avec Signes le Blanc. In castro de Sinna dels barrairencs, 1221. Guigonetus et Hugo de Signa et Barreria, 1226, ou simplement Barreria (1226). Du patronyme Barreria qui serait à l’origine de cet ancien château qu’on suppose être le Château de la Retourne ou Château Barrière au XVIIIe siècle.

Siou Blanc (Cf. supra Plaine du Grand Seuil- 2- et 1ère partie, les hydronymes). Ce massif, comme celui d’Agnis, est l’élément majeur de la configuration de la commune qu’il longe, en commun avec les communes de Méounes, Belgentier, Le Revest, Le Beausset et Evenos. Il culmine à la Colle de Fède, à 826m. L’étymon renvoie à Sambola (cf. Samble supra); il est orthographié, dans les différentes cartes et cadastres, de façon fantaisiste : « Siou Blanc » ou « Siou Blan ». Ce toponyme, ortographié Suy Blanc, est aussi un quartier de la commune de La Gaude (AM), chemin de Suy Blanc ; cet ensemble de collines situé entre le Vallon de Tenchurat et la route de Saint Jeannet, surplomble le fleuve Var. Il était, il y a peu encore, consacré à la culture florale. Ni le panorama des Alpes méridionales ni la couleur blanche des serres ne justifient l’adjectif blanc… Une petite source est signalée dans ce quartier de la commune. Enfin, ce toponyme Sueil, oc. lo Suelh, est bien présent en pays de Ventoux, avec le sens de trou d’eau fangeux (Pau Peyre, Toponymie du Ventoux).

 

T

 

Taillane. Cf. Meinarguettes. villa altaiara (984) ; Ferme de Taillane, vallon. Croix de Taillane, 1830. Au Nord de Notre-Dame des Anges. Racine p-i-e. aL, thème -Al-T. hauteur.

Taillanette. Ancien castrum. Transcrit Casteou doou prat dei blanco, 1933-1938 (Henseling, 1977-1978, cité par RH).

Tarron. Commune du Beausset, au Sud de La Daumasse.
Origine p-i-e. TaR, terron ou tertre (E. Levy, 1909 ; Rostaing Ch. 1950 ; A. Nouvel, 1981). Ou base p-i-e. –TuL, eau (A. Nouvel).

Taoule (la). Ruines. Commune de Mazaugues. Au Nord du Mourré d’Agnis. Oc. taula, la table.

Télégraphe de Chappe. (cf. Agnis). Premier système de communication aérienne par signaux. Claude Chappe (1763-1805).

Testeing, Testen. Colla de Testen. Patronyme. En 1205, Pons Testen est témoin de la donation des pâturages de Meinarguettes aux moines de Montrieux par Aicard de Signes (RH). Cacographie* souvent rencontrée : « Col de Testen ». La confusion est encore courante pour un non occitanophone entre Col (passage) et Còla/Colle (hauteur, colline). Toponyme attesté « Colla de Testen » en 1253.

Tête. Terme générique pour désigner le sommet d’une montagne. De l’oc. tèsta. Synonyme de Cap (cf. supra).

Tête (La Grosse). Nord-Est de la ferme de Limate. Lat. testa> oc. tèsta, testo, sommet d’une montagne. Synomyme de cap (cf. Grand Cap).

Tête Rasclade. Sourire Microtoponyme. A proximité du Vallon de l’Infren. Oc. tèsta rasclada, le sommet dénudé; nous renvoie à « Mont chauve ».

Tête d’Hyppolite (la). Entre Cabane de Vincent et Paneirolle. Oc. tèsta, sommet. Patronyme.

Tête de la Fontaine (la). La Lauzière. Cacographie avec « Tête des Fontêtes » ? Cf. L’Adret des Fontêtes, plus au Nord.

Tête de Julian (la). (Cassini, 1778- SV., 1936). En limite de Montrieux. Ad vallem de Font Jullosa, 1223. Tête de Julhians (SV.) 1936.

Tête de Masson (la). Au Nord-Est de la Lauzière. Racine p-i-e. M- -S-, hauteur. Doublon de sens entre Tête (hauteur) et Masson, diminutif sur base - MaS, hauteur. Sans doute patronyme (diminutif de Thomas, selon Dauzat).

Tête de l’Agasse (la). Commune de Mazaugues. Plateau d’Agnis. Au Nord-Est du Jas du Mûrier. Oc. agassa, la pie.

Tête de l’Evêque (la). Au Nord du Puits d’Envès. Enceinte, site détruit sur sommet (669m). Propriété Ricard. (« Le nom est passé de Vezz, en 1182, à Ves en 1543, puis à Envès en 1923 et, enfin à Evêque en 1982 ». Moliner M, cité par Ribot H).

SourireTête de la Bastide (la), Hauteur au-dessus de la ferme de la Limate.

Tête de la Commune (la). Au Sud de la ferme de Limate. Oc. tèsta, sommet. Ce toponyme est (sur la carte IGN) associé à Pou de Vèze dont l’étymologie (Oc. pous, potz, puits) est distincte (cf. ce toponyme).

Tête de la Paillette (la). L-d A l’Ouest de la ferme de la Limate. Racine oronymique pré-indo-européenne –Pal., hauteur. Oc. tèsta de la palheta. D'où redondance entre la Tête (le sommet de la colline) et l'élévation rocheuse (rac. p-i-e. -Pal). Diminutif.

Tête du Cade (la). Commune du Beausset. A l’Ouest du Vallon de Carnaval. Oc. cade, genévrier, cade. Notation médiévale : al Clapier de Gaudalbert.

Tirassades (les). L-d, Ruines, côteau au Sud de Cancerilles. oc. v. tirassar; tirassadas, tirassieras : traînées, traces, agricoles ? Hypothèse de traces pour débardage du bois. Autres sens : plante, la “renouée”; filet de chasse. (Mistral). Faussement orthographié “Tirepades” (1830).

Tombadou (le). Si le sens provençal (oc. tombador) est celui d’une chute d’eau, pour les Signois il est avant tout synonyme du Raby.

Torrel. Patronyme. Bas de pente, cabanon vers Crespin. En limite de la commune.

SourireTournant du Saucissier. Lieu-dit. Ou encore,  Pin du saucissier (le). Pin aujourd’hui disparu, double virage sur la route de Méounes, avant le départ de la route du centre de loisirs de La Marseillaise. Rapporté par Victor Giraud selon lequel un marchand de saucisses aurait chuté à cet endroit.

Tousque Noire (la). En limite de Solliès-Toucas. Oc. tosca (Tousque). Touffe d’arbres, chênes verts (Euse, yeuse).

SourireTousquette (Poste de la). Diminutif de tosca. Microtoponyme connu des chasseurs, en montant au Baou de Serein (Bauç de Seren).

Trébuquet/Trabuquet, Vallon de Trebuquet. oc. v. trabucar, trébucher. Passage difficile. Dérivé de trabuc ; trabuquet, dim. (1846). En limite de Riboux, au Sud de la Sainte-Baume.

Tremaillons (les). A proximité de Croquefigue. H. Ribot rapproche ce toponyme d’un toponyme identique à Ollioules : sobriquet ; celui qui habite au-delà des maisons. Autre sens : filet pour la chasse aux oiseaux et pour la pêche (oc. tramalh).


Trobenc. Trobec. Turben. A l’est de la Quille de Midi. (1177) ad terram de trobec/trobenc (1180). Turben, contemporain. Racine p-i-e. T..R-, hauteur. L’Erable de Turben. Ruines, puits, en limite d’Evenos.

SourireTrou de l’Eau Blanche (le). Aven. Au-dessus de la Lucrèce.

SourireTrou de l’Endrelas (le). Cf. Endrelas. Rac. p-i-e. – D-- R, eau.

Trou de Matheron (le). Aven, au Sud-Est de la ferme de Siou Blanc. Al trave de Masalon, XIIe siècle, Trou Materon, Cassini, 1778. (Cf. Matheron, dim. de Mathurin).

Trou du Vent qui siffle. Aven. (-200m). Au Nord du Jas de Laure.

 

U - V

 

Uba, Ubac, Hubac. Exposition Nord d’un versant. Lat. opacus, ombragé.

Uba (Bergerie et Bastide de l’). Au Sud du Plan de Signes.

Ubac de Signes (l’). Versant Nord de Limate et de Siou Blanc, en face du Plan de Signes (Cf. Hubac, supra).

Ubac/Hubac de Gaget (l’). Au Sud-Ouest du quartier des Plauques (cf. Gaget, Cros de Gaget).

Ultimo, Ulmo. Au Sud de Cancérilles. Lat. ultimus, dernier point de repère dans une limite territoriale. Roca de Ulmo que est super campum de Pozaraca, 1187. (Boyer R., 1980, cité par Ribot H.).

Unche (Bucca Unche), cf. Bouche Ointe.

Uyé. L’Uyé des Lecques, 1856 (Bosc Ch-L, cité par RH) ; Le Ruisseau des Lecques, 1871. (cf. Luyi, le Vallon des Lecques et le Vallon de la Luyi).

Vaches (cf. Plaine des Vaches).

Valbelle (Aiguilles de). Commune de Méounes. Les Sambles de Valbelle (Bertrando/Bertranno de Valle Bella, 1155/1188, cité par Boyer R. et Ribot H.).

Vallat des Launes (le). Ruisseau, affluent canalisé du Gapeau. Prenait sa source avant les travaux du Canal de Provence (fin des années 1960) dans l’actuel lieu-dit du Brise-charge, le Ruisseau des Launes ; Station de La Rampine, 1931, SV.). (cf. Rampine).

Valle Signe. 1223 (Boyer R. 1980). Vallis de Signa, 1237. (Cf introduction et Signes, supra).

Vallon. Terme générique pour désigner un petit val.

Vallon d’Agnis. (cf. Agnis et Ponchin). Autre appellation du Vallon de Ponchin.

Vallon de Carnaval (le). A l’Est de la Tête du Cade. Hypothèse d’un télescopage linguistique : « Carnaval » (faux ami). Oc. arnavèu, argousier, (buisson ou saule épineux). Cf. Les Arnavaux à Marseille.

Vallon Marseillais ou des Marseillais. A l’Est du Charnier de Signes.

Vallon de Masseboeuf (le). Cf. Masseboeuf.

Vallon de Ponchin (le). De la Marseillaise à Ponchin. Ponchin, possible patronyme (cf. Ponchin).

Vallon de Trébuquet (le). Cf. Trébuquet.

SourireVallon de Vaulongue ou Vallongue, près de Croquefigue. Oc. la Val, la Vau, vallée. La Vaulongue a gardé son genre féminin, Vallée Longue. Le Vallon n’est qu’une combe et donc ici une partie de Vallongue.

Vallon de la Caou. Rac. oronymique, p-i-e. -KaB ou -KaL, rocher. A proximité de Taillane. (cf. Peycaou).

Vallon de la Luyi (le). Entre les Enfers et le Petit Péru, quartier des Maulnes.
Luyi, hydronyme: rac. ozeda, lat. ozedum, conduite, ruisseau (cf. Luide à Sanary, l'Oïde à La Seyne, l'Huide, et aussi l’Uyé à Signes). Origine médiévale.

Vallon (et) Jas de la Figuière. Entre Panouse et Mau segur (la figuiera, le figuier).

Vallon de l'Enfren/l’Infren Plaine ou Vallon des Enfers. Le Vallon de l'Infren est situé au Sud du Moulin du Gapeau. Cette dénomination relève d'une exposition aux variations climatiques (chaleur ou froid). Situé à l’Ubac. Lat. inferium, lieu le plus bas, puis bas-latin ecclésiastique infernum (enfer). Ici, exposition à l’ubac, pente. La forme infren est une métathèse «(cf. lexique.) de infern. D’autres variantes sont issues de ce terme : infernet, ifer, ufer. Dès la période pré-médiévale, on passe à Enfers (les), insistant sur le caractère religieux qui a souvent habillé les toponymes et leurs fonctions anciennes ou préchrétiennes.

Vallon des Croupatières (le). Vallon, hauteur, bergerie sur l’ancienne route des Quatre Chemins, en montant des Plauques vers Limate. Oc. Corpatiera, rac. p-i-e –K--R,+ suf. lat. aria, arium : rocher, pierre, hauteur. L’attirance de la racine K-R a fait identifier ce lieu à un endroit où nichent des corbeaux – oc . corbàs, corpatàs (augm.). Ce rapprochement sémantique ne peut être retenu. C’est ici la configuration oronymique des lieux qui est principale. Quitte à ce qu’y nichent des corbeaux… (cf Croupatières).

SourireVallon des Demoiselles, ou des deux sœurs (le). Au Nord de Bastide Neuve, vers le Plateau d’Agnis. Ainsi dénommé par les Signois. Cartographié « Abri des Demoiselles ou des deux soeurs ». Au Nord de la Bastide Neuve. Abri sous roche dans un vallon. Appellation contemporaine.

Vallon des Fauvy (le), 1845. En bordure de Tarron, commune du Beausset. Successivement vallon del lentil (12e siècle), Val del lentilh (16e siècle, Fauvi (1871), Fauvy (1978), Vallon de Fauvil (1980) (H.R). Il s'agit d'une plante de la famille des anacardiacées, lat. Rhus, coriaria, servant au tannage ; ar. soummâk, XIIIe siècle : sumac, simac.

Vallon des Lecques (le). A l’Ouest de la Lauzière. La racine -Lek, variante de -Lak, est la racine originale du toponyme Lègues (IGN. 1: 25000). Le son k assourdi cohabite avec le son g plus sonore. Il s’agit de pierres plates, pouvant donner leur nom à des noms de villes (Les Lecques, Var). Rostaing, en suivant Mistral, y voit une racine pré-indo-européenne dont le sens initial est «pierre, roche » (cf. supra «Lèques »).

Vallon des Martyrs (le). Noté également Ravin des Martyrs. Ravin du Vieux Mounoï -1977, Henselling L) - (cf. Charnier de Signes). En limite Ouest de la commune. Stèle dédiée aux résistants assassinés par les nazis le 18 juillet 1944. (1977, Henseling L). Nécropole nationale, célébration du Souvenir le 18 juillet. Une grande partie de l’élite résistante provençale et des responsables régionaux sont fusillés (29 personnes dont trois inconnus) après avoir été emprisonnés et torturés au 425 de la rue Paradis à Marseille. Neuf autres personnes dont un inconnu subissent le même sort le 12 août. (cf. Signes, Haut lieu de la résistance provençale : www.var39-45/lieux/ouest/signes.php.


Vallon du Poirier (le). Ou J Vallon du Perussier (poirier sauvage). Au sud des Cuillerets. C’est ce sens qu’il faut retenir plutôt que celui d’un terrain caillouteux (cf. Perus, Peru) : oc. peirus, sa, comme le fait J. Astor (Dictionnaire des noms de famille et des noms de lieux dans le Midi de la France. p.596).

Vallon du Rayol : Affluent du Gapeau, vers Cancerilles, en limite de la commune de Méounes. Résurgence, source dans la vallée. Oc. raiòl, rajòu, raiòu : petit ruisseau ou torrent, selon les pluies.

Vanades (les). Terme qui désigne un parc à moutons. Le foirail qui regroupait les troupeaux d’ovins (Fête de la Sainte Catherine, 25 novembre) se trouvait au dessus de la Traverse Briançon. Cf. Clos des Vanades. Oc. avan, auvan, vanau. Bergerie. 1864. A rapprocher de l’oc. v. encastrar, enclore (même sens que Puits d’Encastre).

Vaucrette (la). (oc. lo vau et la crèsta) : au Nord de Mau Segur, versant Sud du Plateau d’Agnis. Habitat retranché de l'âge du fer. Chateau Maurin (Casteou Maoulin, Fort d’en-bas, 1923). (SV. 1935). Cf. Castellas de la Vaucrette.

Vautes (les). Chemin des Vautes, Au Sud du lotissement des Launes. De l’oc. vòuta, qui -après sons sens initial (lacet d‘un chemin, méandre, intervalle de temps)-, prend divers sens selon les régions, dans le Dictionnaire étymologique de la langue d’Oc de l’abbé Sauvages : « clausade, enceinte, circuit, cercle, vòute, termine ». Il peut ici avoir pour sens, « enclos ».

Vène (la). Puits de la Vène, limite de la commune d’Evenos. Racine pré-indo-europ. -V--N, thème ViN-t- (Ribot H.), hauteur. Colla de la Venna, 1186 (Boyer R, donation de Willelmus de Signa de Evena). Un autre toponyme, noté Gorge de Lavène, se trouve également entre Châteauvieux et Masseboeuf. Cette racine –ViN, montagne, se retrouve avec le Ventoux, (Vinturi, R.Ch) ; La Sainte-Victoire, (transcription tardive de Ventúri) découle de cette racine. Plus près de nous, l’ancien nom de la commune de la Roquebrussanne et celui d’un toponyme collinaire de la commune de Mazaugues sont aussi issus de cette racine -VeN. Selon Ch. Rostaing « Le prototype est Vin-ellu/ella » qui a donné Venel, nom qui est assez représenté au Moyen Age et que l’on retrouve en divers lieux de Provence.

Ventadour (le), oc. ventador : Dans le Vallon de Panouse, avant le site d’envol des parapentes. L’hypothèse d’un lieu venteux ou d’un outil agricole (van, tarare, ventilateur) ne nous semble pas devoir être retenue. Nous préférons le rattacher, comme les nombreux toponymes issus de la racine V-N, à un oronyme (cf. toponyme précédent).

Verdaiès. (Cf. Clos de Verdaiès).

Verguine (la). Ferme à l’Ouest du Plateau d’Agnis. Vergouin (MF-TdF). Il s’agit ici d’un patronyme, nom de famille, Verguin. Isnard Verguin, du parti protestant, fut à l’origine d’une sédition contre le parti catholique. En 1585, Château Vieux et « plusieurs maisons furent saccagées et incendiées » (SV.p 104). Il fut condamné à mort.

Verrerie d’Agnis (la). Plaine, ancienne ferme rasée, commune de Mazaugues. Cf. Agnis. Sens à rapprocher ici de « verrière ».

Verrerie du Planier (la)- lieu-dit « Les Verrières » (XIIIe siècle). Au Sud de la Barrillière. Malgré l’existence attestée d’un four du XIIIe siècle (Foy D., 1980, cité par RH.), il est probable que nous ayons à faire ici à des ruches.

Verrière, Verrerie. Si le terme Verrière renvoie à Verrerie (fabrique), le sens médiéval en Provence est tout autre : les « verrières » sont des ruches dans des anfractuosités naturelles. On les distingue des apiés qui sont des ruchers anciens dans un mur ou une restanque (cf. Apié).

Via Sinne et Evene. 1182. Chemin d’Evenos à Signes.

Vila viella, 984. Villa Altaiara. Cf. Lauzière. H. Ribot considère qu’une métathèse* (lexique) s’est effectuée entre Altaiara et Lataiara -a/l-. On aurait donc la même racine p-i-e. aL, aL-T pour une propriété ancienne s’étendant du Haut Latay à l’Est de Molna (Maulnes).

VioleSourire. Lieu-dit, proche de Château Vieux. Sobriquet. Ce terme a une histoire. La tradition orale locale rapporte l’étonnement d’un ancien de Signes, descendu en ville et surpris par l’éclairage urbain, qui se serait exclamé : « Boudiou, que de viole ! », Bondieu, combien de lumières ! (graphie classique : « Bondieu, que de viòlas ! »).
Viòla est la contraction de l’occitan provençal velòlha. S.-J Honnorat met ce terme en parallèle avec l’oc. vigila, petite bougie (du latin vigil, lis).
A ne pas confondre avec Viol, dérivé du latin via, voie, qui est une ruelle en parler du Dévoluy. 

Commentaires (2)

1. l'escandihado 03/02/2015

Cyclopibus, sur le plateau de Siou Blanc, fut découvert et nommé vers 1969 par monsieur François FAVARD qui habite à La Cadière. Lui et des membres de son club de spéléo furent les premiers à descendre dans le gouffre ouvert "à la main".
Quelle surprise de découvrir les puits successifs, il en garde un souvenir ému.

Merci pour tout ces termes très documenté, c'est un régal à lire !
Concernant Méounes-lès-montrieux, village où j'ai vécu, un ancien m'avait dit que "montrieux" venait du provençal varois "mount rious" que l'on pourrait traduire par "les monts (collines) qui rient (du verbe rire)" cela à cause des nombreuses résurgences, sources et cours d'eau que l'on trouve aux abords du village, et qui font "rire les collines" par le bruit de l'eau jaillissant ci et là.
C'est peut être une explication simplement poétique...

2. ubaud josiana 16/01/2014

Vertadierament passionant !! E seriós, çò que càmbia de tant de fantasiás descabestradas afortidas per "d'erudits locaus".
(Vraiment passionnant!! Et sérieux, ce qui change de tant de fantaisies effrénées affirmées par des "érudits locaux".)

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